Fespaco : ce qu'il faut savoir sur la 27e édition de la biennale du cinéma africain

L'édition 2021, qui consacre une série d'innovations, aspire depuis sa création à être un pivot de l'industrie cinématographique sur le continent. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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La statue d’un caméraman au siège du Festival panafricain du cinéma et de la télévision (Fespaco) à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 14 octobre 2021.


 (OLYMPIA DE MAISMONT/AFP)

Entre pandémie et défi sécuritaire, la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) ouvre ses portes le 16 octobre 2021 à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. 

Un report pour cause de Covid-19

La pandémie aura obligé le Fespaco, qui a toujours exclu l'idée de se tenir en ligne, à revoir son calendrier. Un défi majeur pour le nouveau délégué général de la biennale du cinéma africain, Alex Moussa Sawadogo. Le festival qui devait initialement se tenir du 27 février au 6 mars 2021 sera finalement programmé du 16 au 23 octobre. Outre le Covid-19, la menace terroriste dans le Sahel pèse aussi sur cet événement qui attire quelque 200 000 personnes. Le Sénégal est l'invité de cette 27e édition.  

En chiffres

L'édition 2021 du Fespaco est la 27e depuis la création du Festival en 1969. Officiel depuis 1972, il devient biennal en 1979. En 2021, 239 films ont été sélectionnés sur les 1 132 inscrits. Dans la sélection officielle, la compétition concerne la fiction, le documentaire, l'animation, les courts métrages, les films d'école et les séries TV. Dans la catégorie reine du long métrage, 17 fictions et 15 documentaires sont en lice pour l'Etalon d'or du Yennenga dans leurs catégories respectives. Le jury fiction est présidé par le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako et celui du documentaire par la cinéaste égyptienne Jihan El-Tahri.

17 fictions en lice pour l'Etalon d'or 

Air conditioner de Mario Bastos (Angola)
Baamum Nafi (Le Père de Nafi) de Mamadou Dia (Sénégal)
Bendskins (Moto Taxi) de Narcisse Wandji (Cameroun) 
Eyimofe (This is My Desire) de Chuko Esiri (Nigeria)
Farewell Amor d'Ekwa Msangi (Tanzanie) 
Feathers d'Omar El Zohairy (Egypte)
Freda de Gessica Généus (Haïti)
La Femme du Fossoyeur de Khadar Ahmed (Somalie)
La Nuit des rois
 de Philippe Lacôte (Côte d'Ivoire) 
Les trois lascars de Boubakar Diallo (Burkina Faso) 
Lingui, les liens sacrés de Mahamat Saleh Haroun (Tchad)

Nameless (Les Anonymes) de Mutiganda Wa Nkunda (Rwanda) 
Oliver Black de Tawfik Baba (Maroc) 
Souad d'Amin Ayten (Egypte) 
The White Line de Desiree Kahikopo-Meiffret (Namibie) 
This is not a burial, it is a resurrection de Jeremiah Lemohang Mosese (Lesotho) 
Une Histoire d'amour et de désir de Leyla Bouzid (Tunisie)

Des nouveautés

"Cette 27e édition voudrait s’afficher dans un costume cousu de fils de la continuité et de la rupture", annonce Alex Moussa Sawadogo dans le catalogue du Festival. L'une des grandes ruptures aura été sans nul doute une communication officielle sur le comité de sélection du Fespaco. Désormais cinquantenaire, le rendez-vous du cinéma africain tente de faire peau neuve. La sélection officielle s’est ainsi enrichie de deux nouvelles sections : "Perspectives" qui accueille des premiers et deuxièmes longs métrages et "Burkina" qui, comme son nom l'indique, est réservée aux productions burkinabè.

Pour "renforcer" le Marché international du cinéma africain et de la télévision (Mica), qui se déroulera désormais au siège du Festival, le Fespaco s’offre un volet professionnel qui se décline en deux types d'ateliers : le Yennenga post-production et le Yennenga Academy, " une passerelle" pour les jeunes qui aspirent à faire du cinéma. Toujours pour accompagner le Mica, l'édition 2021 instaure un marché de la coproduction en partenariat avec le Durban FilmMart (qui se tient pendant le Durban International Film Festival, en Afrique du Sud).

Sur le plan logistique, le siège du Fespaco s'affirme dorénavant comme le centre névralgique du festival. Outre le Mica, tous les partenaires du Fespaco pourront conduire leurs activités dans un espace unique, le Yennenga Connexion. Dans la même veine, les salles de cinéma où se dérouleront les différentes projections sont désormais concentrées pour permettre aux festivaliers d’aller d’une séance à l’autre plus facilement. La mise en place de salles de cinéma à ciel ouvert, qui permettront au public d’assister à des projections dans les quartiers périphériques de Ouagadougou, consacre la dimension populaire du Fespaco.

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