Soudan : révolution ou coup d'État ?

Le ministre de la Défense, Awad Ahmed Benawf, a annoncé que le président soudanais, Omar el-Béchir, avait été destitué par l'armée.

France 2

La joie du peuple soudanais. À cet instant, la foule célèbre la chute d'une dictature, celle du président Omar el-Béchir, en poste depuis trois décennies. Il vient d'être destitué par l'armée, emprisonné. Depuis ce jeudi 11 avril au matin, la rumeur enflait : "Révolution", scandent des manifestants. À pieds, en voiture, ou massés sur des camions, des dizaines de milliers de Soudanais rejoignent le centre de la capitale jusqu'à cette allocution du ministre de la Défense.

Un couvre-feu a été décrété

"J'annonce, en tant que ministre de la Défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef", a fait savoir Awad Ahmed Benawf. Une joie de courte durée. En quelques heures, le soulèvement populaire s'est transformé en coup d'État militaire. Les manifestants ne savent plus s'ils doivent remercier l'armée ou s'en méfier. Un couvre-feu a été décrété et l'armée a fermé les frontières. Les militaires, qui avaient apporté leur soutien aux manifestants, ont aujourd'hui pris le pouvoir au Soudan.

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Omar el-Béchir, le 1er avril 2019 à Khartoum (Soudan). 
Omar el-Béchir, le 1er avril 2019 à Khartoum (Soudan).  (ASHRAF SHAZLY / AFP)