Biens mal acquis : "L'affaire Obiang n'est qu'un arbre qui cache la forêt" pour les organisations africaines de lutte contre la corruption

Le vice-président de la Guinée Equatoriale Teodorin Obiang a été définitivement condamné mercredi 28 juillet pour des biens mal acquis, après 14 ans de procédure.

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Radio France
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Le vice-président de la Guinée Equatoriale Teodorin Obiang le 25 juin 2013. (JEROME LEROY / AFP)

Après 14 ans de procédure judiciaire, le vice-président de la Guinée Equatoriale Teodorin Obiang, a été définitivement condamné, mercredi 28 juillet pour s'être s'être constitué un patrimoine de plus de 150 millions d'euros frauduleux en France. Il possède notamment un hôtel particulier en plein de cœur de Paris alors que plus de 70 % de la population de son pays vit sous le seuil de pauvreté. En Afrique, ce verdict n’est pas passé inaperçu.

Cette décision de justice a été saluée par de nombreuses voix au sein de la société civile africaine, notamment par Djimi Kandé, président du Réseau panafricain de lutte contre la corruption, dont le siège se trouve en République démocratique du Congo. "Nous sommes très satisfaits du jugement que vient de rendre la justice en France. Ce procès doit être un signal clair que rien ne restera impuni pour les dirigeants africains", déclare-t-il.

Des enquêtes au Gabon et en République du Congo

Teodorin Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale, n'est en effet pas le seul dirigeant africain à détourner de l'argent public à des fins personnelles. "L'affaire Obiang n'est qu'un arbre qui cache la forêt, affirme Djimi Kandé, car beaucoup de dirigeants des pays africains sont également impliqués par des biens mal acquis ou de fonds issus de la corruption actuellement."

Cet arbre cache entre autres le Gabon d'Ali Bongo, qui fait également l'objet d'une enquête, mais aussi la République du Congo du président Denis Sassou-Nguesso et de son clan, accusés d'avoir siphonné les caisses de l'Etat. "Aujourd'hui, les biens mal acquis du clan Nguesso sont estimés également à plusieurs millions de dollars, explique Djimi Kandé, notamment en France. Des villas, des buildings qui sont en région parisienne ou dans d'autres villes françaises." Et la justice française n'en a pas fini avec les biens mal acquis, puisque plus d'une vingtaine d'autres affaires sont en cours.

Biens mal acquis : et maintenant ? Reportage de Omar Ouahmane
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