Cinq pays d'Afrique en état d'"insécurité alimentaire aiguë"

Selon le rapport mondial 2019 sur les crises alimentaires, la République démocratique du Congo, l'Ethiopie, le Soudan, le Soudan du Sud et le Nigeria font partie des pays africains qui ont le plus de difficultés à nourrir leur population. Près de 40 millions de personnes sont concernées, sur les 113 millions touchées dans le monde.

Un Soudanais de 18 ans, un an après l\'apparition de la famine dans la province de Leer (Soudan du Sud) en février 2017.
Un Soudanais de 18 ans, un an après l'apparition de la famine dans la province de Leer (Soudan du Sud) en février 2017. (STEFANIE GLINSKI / AFP)

Les pays africains sont touchés de manière "disproportionnée" par la faim aiguë, a déclaré à l'AFP Dominique Burgeon, chef des urgences de l'Agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), au cours d'un entretien téléphonique, expliquant que les conflits et l'insécurité dans ces pays restent les premières causes de la pénurie alimentaire en 2018, et le resteront en 2019.

"Jusqu'à 80% des populations" des pays au bord de la famine "dépendent de l'agriculture" a-t-il ajouté. "Il faut leur apporter à la fois une aide humanitaire d'urgence pour se nourrir et des moyens d'existence en relançant l'agriculture" et la production d'aliments, selon lui.

Pour 2019, le rapport, publié le 2 avril par l'ONU et des bailleurs de fonds internationaux, alerte aussi sur la situation des pays voisins de conflits, qui accueillent massivement des réfugiés, et se retrouvent à leur tour en fragilité alimentaire. C'est le cas de l'Egypte qui a reçu de nombreux Syriens, le cas de l'Ouganda qui héberge des réfugiés du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo (RDC), le cas aussi du Cameroun et du Burundi où parviennent les réfugiés de République centrafricaine, de RDC et ceux du nord du Nigeria, où sévit le groupe terroriste Boko Haram.

Alerte rouge

A la violence qui chasse les gens de chez eux, il faut ajouter l'épreuve des chocs climatiques, aux effets similaires. La succession de crues, de tempêtes et de périodes de sécheresse rudoie les populations, avec pour effet majeur d'augmenter leur pauvreté. A l'automne 2018, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) mettait l'Afrique en alerte rouge sur ce chapitre. "En raison des violents cyclones et ouragans au Mozambique et au Malawi cette année, on sait déjà que ces pays-là seront dans le rapport de l'an prochain", prédit d'ailleurs Dominique Burgeon.

Depuis trois ans, les cas des cinquante pays les plus fragiles de la planète sont étudiés en détail par une multitude de structures. Ces dernières ne peuvent que constater qu'en Afrique, après plusieurs années de recul et d'espoir, la faim progresse à nouveau.