Pédophile libéré au Maroc : l'Espagne se demande où sont les 29 autres graciés ?

Bénéficiant de la même erreur que Daniel Galvan, ils ont également été libérés. L'opposition demande des explications.

Mardi 6 août 2013, un policier monte la garde, à Madrid (Espagne), devant un van censé transporter Daniel Galvan, un resortissant espagnol condamné au Maroc pour pédophilie et gracié par erreur.
Mardi 6 août 2013, un policier monte la garde, à Madrid (Espagne), devant un van censé transporter Daniel Galvan, un resortissant espagnol condamné au Maroc pour pédophilie et gracié par erreur. (JUAN MEDINA / REUTERS )

Daniel Galvan est de nouveau derrière les barreaux. Condamné en 2011 à trente ans de prison au Maroc pour des viols commis sur onze mineurs, ce ressortissant espagnol a été gracié par erreur le 30 juillet par le roi du Maroc. Mais l'affaire n'est pas classée : le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), dans l'opposition, demande des comptes au gouvernement, d'autant plus que le doute demeure sur le sort des 29 autres citoyens espagnols, graciés et  libérés en même temps que Daniel Galvan.

Une confusion "grave et incompréhensible"

Le gouvernement a expliqué ce fiasco judiciaire par une confusion entre deux listes : l'une comportant les noms des détenus au Maroc que l'Espagne voulait voir graciés, l'autre indiquant lesquels devraient être transférés dans ses prisons.

Pour la vice-secrétaire générale du parti, Elena Valenciano, citée par El Mundo (lien en espagnol), il s'agit d'une "erreur grave et incompréhensible qui mérite certainement une explication plus approfondie (...)". Surtout, elle demande que soient identifiés "les 29 autres détenus" libérés par erreur.

La police se prépare à d'autres arrestations

Les syndicats de police ont déclaré mardi que les policiers attendaient que les juges déterminent s'il faut arrêter d'autres détenus qui, comme Daniel Galvan, ont été libérés la semaine dernière par les autorités marocaines, a rapporté l'agence Europapress.es (lien en espagnol)

Le porte-parole de la Confédération espagnole de la police a demandé à ce que les autorités espagnoles et marocaines travaillent ensemble afin de "clarifier la situation". Selon Europapress, ces 29 citoyens espagnols étaient incarcérés au Maroc pour des infractions de "natures diverses", mais aucune aussi grave que Galvan. Face à l'indignation suscitée par cette décision, ce dernier a été renvoyé mardi en détention préventive, en attendant que la justice se prononce sur son éventuelle extradition, a annoncé une source judiciaire.