Mort du chef d'Aqmi : "Une grande importance tactique et militaire, mais aussi politique", selon un spécialiste des mouvements jihadistes

La ministre des Armées a annoncé vendredi que le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelmalek Droukdal, a été été par l'armée française au Mali.

Un homme regarde une photo d\'Abdelmalek Droukdel, chef d\'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), sur le site du groupe de surveillance américain SITE Intelligence, le 19 novembre 2010 à Paris (photo d\'illustration).
Un homme regarde une photo d'Abdelmalek Droukdel, chef d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), sur le site du groupe de surveillance américain SITE Intelligence, le 19 novembre 2010 à Paris (photo d'illustration). (THOMAS COEX / AFP)

L'armée française a annoncé, vendredi au soir, la mort le 3 juin d'Abdelmalek Droukdal, chef et co-fondateur de l'organisation terroriste jihadiste Al-Quaïda au Maghreb islamique (Aqmi), près de la frontière avec l'Algérie. La ministre des Armées Florence Parly a également précisé sur Twitter la mort de "plusieurs de ses proches collaborateurs, lors d’une opération dans le nord du Mali".

Pour Wassim Nasr, journaliste à France 24, spécialiste des mouvements jihadistes, interrogé par franceinfo samedi 6 juin, "la mort de Droukdel est d'une grande importance tactique et militaire, mais aussi politique", si elle était confirmée par les jihadistes eux-mêmes.

Selon Wassim Nasr, la mort d'Abdelmalek Droukdal "va envenimer la situation entre Al-Quaïda et l'État islamique", car "il y avait une exception au Sahel où ces deux groupes ne se combattent pas. La mort des grands chefs, des anciens, va acter la confrontation". Le journaliste mesure néanmoins la portée de cette victoire et rappelle que "dans les mouvances jihadistes, la mort d'une personne est importante à court et moyen terme, mais après, elle est remplacée".

"Un effet direct sur le terrain"

Le spécialiste du jihadisme souligne aussi l'importance de la capture le 19 mai de Mohamed el Mrabat, vétéran du jihad au Sahel et cadre important de l’État islamique au Grand Sahara, par l'armée française. "Le fait d'attraper ou de tuer 'des cadres moyens' a aussi un effet direct sur le terrain", explique-t-il, car les commandants "donnent les lignes stratégiques. Mais ceux qui sont au courant de ce qu'il se passe sur le terrain, ce sont les seconds couteaux".