Des tests ADN pour lever le mystère de la mort d'un chef d'Aqmi

Depuis l'annonce de la mort d'Abou Zeid par la chaîne algérienne Ennahar TV jeudi, les autorités françaises ont refusé de confirmer.

Capture d\'écran d\'une vidéo publiée le 25 décembre 2012, dans laquelle apparaît Abdel Hamid Abou Zeid, un des chefs d\'Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Capture d'écran d'une vidéo publiée le 25 décembre 2012, dans laquelle apparaît Abdel Hamid Abou Zeid, un des chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique. (SAHARA MEDIAS / FRANCETV INFO)

Abou Zeid a-t-il été tué par les forces françaises au Mali ? Pour lever les doutes qui subsistent sur la mort annoncée de ce chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), des tests ADN sont en cours en Algérie, a rapporté, vendredi 1er mars, le quotidien algérien El Khabar. Francetv info dresse les enjeux de cette tentative d'identification.

Qui est Abou Zeid ?

Si sa mort est confirmée, la nouvelle sonnera comme un coup dur pour Aqmi. Présenté comme "le maître à penser d'Al-Qaïda au Maghreb islamique"Abou Zeid est l'un des chefs du réseau. Il est placé sous l'émir général d'Aqmi, Droukdel Abdelmalek, et est l'adjoint de Yahia Abou Al-Hamam. Il a sous ses ordres une "katiba" (brigade) de combattants, actuellement au Mali, qui a notamment tenu la ville de Tombouctou pendant de longs mois et participé à la prise de Diabali, avant l'intervention des forces françaises.

Pourquoi la France ne confirme-t-elle pas sa mort ?

Interrogé sur ces informations, jugées depuis "très crédibles" par un responsable américain, le président de la République, François Hollande, a indiqué vendredi qu'il n'avait "pas à les confirmer, parce que nous [les forces françaises] devons aller jusqu'au bout de l'opération".

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Plus tôt dans la journée, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré que l'annonce de la mort d'Abou Zeid était "à prendre au conditionnel", en l'absence de "confirmation officielle".

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Le spécialiste des mouvements islamistes Mathieu Guidère, interrogé par TF1 News, reste "dubitatif" face à l'annonce de sa mort. "Si Abou Zeid était réellement mort depuis plusieurs jours, Aqmi aurait en effet déjà publié un communiqué où il aurait été qualifié de 'martyr'", souligne-t-il.

Des doutes persistent jusqu'à la date même de sa mort. Tandis que Ennahar la faisait remonter à lundi, Le Monde écrivait jeudi que le décès était survenu le jour-même. Paris Match écrivait pour sa part, jeudi, que l'émir avait "été trouvé mort le samedi 23 février après un raid aérien de l'armée française".

Comment s'assurer de son identité ?

Pour lever les doutes qui subsistent sur la mort annoncée de ce chef d'Aqmi, des tests ADN ont été pratiqués en Algérie sur deux membres de sa famille, a rapporté vendredi 1er mars le quotidien algérien El Khabar.

"Les services de sécurité sont en train de comparer l'ADN de deux proches parents d'Abou Zeid avec des échantillons prélevés sur les restes d'un corps remis par les forces françaises" aux autorités algériennes, a indiqué El Khabar.