Avec la fin annoncée de l’opération Barkhane, Alger pourrait être tenté de jouer un rôle plus actif au Sahel

Après la mort du président tchadien Idriss Déby, la puissante armée algérienne est la seule en capacité à sécuriser la région.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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L'armée algérienne devant l'usine de gaz d'In Amenas où une attaque jihadiste avait tué 37 travailleurs étrangers. Est de l'Algérie, le 31 janvier 2013. (TSUYOSHI MATSUMOTO / YOMIURI)

Le Sahel est de plus en plus une source d'inquiètude pour l'Algérie qui partage 6280 kilomètres de frontières avec la Libye, le Mali et le Niger. Après le départ annoncé d'une grande partie des soldats français de Barkhane et la mort du président tchadien Idriss Déby, Alger pourrait être tenté de remplacer la France et le Tchad au sahel.

Cernée par les conflits

Si la non-ingérence et la non-intervention de l’armée algérienne à l’extérieur du pays ont été, jusqu’à présent, un principe intangible de la politique étrangère algérienne, les choses pourraient changer. Mais la nouvelle constitution adoptée en novembre 2020 autorise désormais l'armée à participer à des opérations à l'extérieur du pays.

Partout où elle regarde, l’Algérie est cernée par les conflits, que ce soit au Sahara occidental à l’Ouest, la crise libyenne à l’Est, le Mali et Niger au Sud. Le Sahel est devenu une immense zone de trafic pour les armes, les drogues, ou encore les faux médicaments. Il est le terrain de prédilection pour l’ensemble de la mouvance terroriste Al-Qaïda, l’EI et Boko Haram. Cette situation est une menace pour Alger qui est sur le point de réviser sa doctrine sécuritaire. L’armée la plus puissante de la région pourrait être tentée de s’impliquer davantage dans ce qu’elle considère comme son arrière-cour.

Retour dans les affaires régionales

Il faudra désormais compter avec le retour de l’Algérie dans les affaires régionales, après des années de discrétion. D’ailleurs, les autorités algériennes essayent de faire passer le message, le dernier en date étant une déclaration du Président Abdelmadjid Tebboune à Al-Jazeera qui a fait sensation.
"L’Algérie était prête à intervenir d’une manière ou d’une autre en Libye", a révélé mardi 8 juin le chef d’Etat algérien à la chaîne qatarie. Abdelmadjid Tebboune faisait référence à la mise en garde qu’il avait lui-même lancée en janvier 2020 au plus fort de la "bataille de Tripoli" (avril 2019-juin 2020) quand la capitale libyenne était assiégée par les forces assaillantes du maréchal Khalifa Haftar. Il avait à l’époque évoqué "une ligne rouge" à ne pas franchir.

"Lors de déclarations récentes sur la Libye et le Mali, le président algérien a instillé, par petites touches, l’idée que les forces algériennes pourraient désormais intervenir hors des frontières du pays."

Malek Jendi, journaliste

Jeune Afrique

Un rôle plus actif en Afrique

Le président Tebboune prépare-t-il l’opinion algérienne à l’envoi de soldats à l’étranger, demande Jeune Afrique dans son édition du 16 juin 2021.

"L’Algérie veut reconquérir sa puissance diplomatique, notamment dans la région du Sahel", écrivait le 10 juin le quotidien officiel El Moudjahid. Une façon d’exercer sa diplomatie et son influence au sud du Sahara, à la faveur de la mort du président tchadien Idriss Déby, fer de lance de la lutte anti-jihadiste dans la région. La sécurisation de la zone sahélienne représente un immense défi, mais l'expansion des groupes terroristes pourrait un jour déstabiliser directement l’Algérie. 

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