Guinée : la "charte de la transition" interdit au chef de la junte de se présenter aux prochaines élections

Le texte ne définit pas le délai de la période intérimaire.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le colonel Mamady Doumbouya et son équipe lors d'un entretien avec des chefs religieux au Palais du Peuple à Conakry, le 14 septembre 2021.  (JOHN WESSELS / AFP)

La junte militaire, qui a renversé le 5 septembre 2021 le président guinéen Alpha Condé, a dévoilé les modalités de fonctionnement de la transition jusqu’à la restauration d’un pouvoir civil élu en Guinée. A ce stade, le colonel Mamady Doumbouya reste l'homme fort du pays, mais il ne pourra pas se présenter aux prochaines élections.

Préparer les élections

C’est sans doute la disposition la plus importante prévue par la charte mise en place par la junte qui a pris le pouvoir le 5 septembre. Les participants à la transition, qu'ils soient militaires ou civils, n'ont pas le droit de se présenter aux prochaines élections nationales ou locales. Aucune "révision" n’est possible selon le texte. Une précision qui vise sans doute à rassurer les Guinéens échaudés par l’amendement de la Constitution qui avait permis au président Alpha Condé de se présenter pour un troisième mandat.

La "charte de la transition" a été élaborée après de larges concertations nationales auxquelles ont participé des responsables politiques et des membres de la société civile. Elle est présentée comme un guide de cette période intérimaire et définit les missions à suivre. Au programme notamment, l'élaboration d'une nouvelle Constitution et l'organisation d'élections "libres, démocratiques et transparentes".

Militaires, politiques et société civile

C'est principalement le colonel Mamady Doumbouya qui est aux commandes. C'est lui qui préside le Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) ainsi que le Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif. Et c'est encore lui qui nomme un Premier ministre civil, selon la charte. Ces entités réunies auront la charge de mener le pays vers les élections et de "consolider la démocratie". Le texte fait référence plusieurs fois au respect des droits de l'Homme, à la participation inclusive de toutes les composantes de la société et prévoit la participation d'au moins 30% de femmes dans chaque institution. Toutefois, les membres du gouvernement du président déchu sont exclus du CNT.

La charte ne précise pas en revanche la durée de la transition. Elle "sera fixée de commun accord entre les forces vives de la nation et le CNRD", le Conseil militaire au pouvoir, comme le précise le texte.

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