VIDEO. Le Gabon secoué par des violences après l'annonce de la victoire d'Ali Bongo à la présidentielle

L'Assemblée nationale a été brûlée dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les résultats de l'élection présidentielle gabonaise à peine annoncés, les rues de Libreville se sont embrasées, mercredi 31 août. Des manifestants opposés à la réélection d'Ali Bongo (fils d'Omar Bongo, au pouvoir pendant 42 ans), ont défilé dans les rues, mercredi 31 août, aux cris de "Jean Ping [le challenger] président", "On nous a volé les élections".

Ils accusent Ali Bongo de perpétuer la dynastie installée par son père. Dans la soirée de mercredi, l'Assemblée nationale a été incendiée. Barricades encore fumantes, bâtiments incendiées, carcasses calcinées de voitures : le boulevard Triomphal de Libreville, la grande artère qui traverse le centre de la capitale gabonaise, présentait jeudi matin les stigmates des violences qui ont éclaté la veille. L'opposition affirme que deux personnes ont été tuées dans l'attaque de leur QG par les forces de sécurité.

Un score étonnant dans le fief familial

D'après la commission électorale, Ali Bongo Ondimba, 57 ans, a été réélu président pour un deuxième septennat avec 49,80% des suffrages devant son rival Jean Ping (48,23%), 73 ans, ex-cacique du régime du défunt Omar Bongo, le père d'Ali. Cet écart marginal représente une différence de voix d'à peine 6 000 voix, sur un total de 627 805 inscrits, dans ce petit pays pétrolier de 1,8 million d'habitants. Le président sortant doit sa réélection à son score écrasant dans son fief familial, le Haut-Ogooué, où il a obtenu 95,46% pour plus de 99% de participation, selon le ministère de l'Intérieur.

Des Gabonais manifestent contre la victoire d\'Ali Bongo à l\'élection préisdentielle, le 31 août 2016, à Libreville.
Des Gabonais manifestent contre la victoire d'Ali Bongo à l'élection préisdentielle, le 31 août 2016, à Libreville. (MARCO LONGARI / AFP)