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Gabon : une reprise économique timide et attentiste

La réélection contestée d'Ali Bongo au Gabon se ressent sur l'activité de la capitale, Libreville. De nombreux salariés attendent l'issue du bras de fer entre le camp du président au pouvoir et son opposant, Jean Ping.       

Article rédigé par
Sébastien Németh - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Libreville, au lendemain de l'annonce du résultat de la présidentielle, donnant le président sortant Ali Bongo réélu (JOEL BOUOPDA/AP/SIPA / AP)

Depuis la réélection contestée du président Ali Bongo annoncée le 31 août dernier, la capitale gabonaise n'a pas retrouvé son activité habituelle. Lundi, le Premier ministre a appelé à la reprise du travail dans les secteurs public et privé. De son côté, l'opposant, Jean Ping, a lancé un appel à la grève générale pour protester contre les résultats de l'élection qu'il qualifie de "grossiers" et "inimaginables". Dans les faits, à Libreville, le travail a effectivement repris, mais timidement.

Services et bureaux tournent au ralenti

De nombreux employés, effrayés par les violences, ne sont pas encore revenus à leur poste de travail. A la trésorerie publique, les fonctionnaires viennent toucher leurs salaires. Parfait Ondomzoui, enseignant, n’a pas reçu sa paie depuis deux semaines. Il explique que "le ministère était complètement fermé". Heureusement, sa compagne a reçu son dû par virement bancaire et le couple a pu s’en sortir. 

Les chefs d’entreprise font aussi grise mine. Mathias est à la tête d’une agence dans le secteur de l’énergie. Seulement sept employés sur 80 sont venus travailler. Il a préféré les renvoyer chez eux par sécurité. "C’est une perte énorme", déclare-t-il, "toute une journée de travail associée à toute la semaine que nous venons de passer, c’est catastrophique"

Paméla Biyoghé, une réceptionniste d’hôtel, avait fui pendant plusieurs jours les violences qui ont suivi l'annonce des résultats de la présidentielle. Elle a repris le travail lundi. Mais elle confie être prête à fuir à la moindre étincelle. Si Paméla est sortie de chez elle, c'est avant tout pour éviter de "rester cloîtrée" et afin de se rendre compte de la situation. 

Devant la Société d’énergie et d’eau, une femme sort dépitée. Après plusieurs heures d’attente, elle laisse tomber. "Je pars me distraire et je reviens demain", explique-t-elle.

L'activité reprend timidement à Libreville : un reportage au Gabon de Sébastien Németh et Boris Vichith RFI pour franceinfo - 0
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