L’Ethiopie va s’approvisionner en pétrole au Soudan du Sud, plutôt qu'au Proche-Orient

Le ministre éthiopien du Pétrole a annoncé que son pays allait faire des économies en achetant les produits pétroliers du Soudan du Sud, moins chers que ceux du Proche-Orient.

A Addis-Abeba, les voitures font la queue aux stations d\'essence pour se ravitailler lors d\'une grave pénurie de carburant, le 19 juillet 2017.
A Addis-Abeba, les voitures font la queue aux stations d'essence pour se ravitailler lors d'une grave pénurie de carburant, le 19 juillet 2017. (MINASSE WONDIMU HAILU / ANADOLU AGENCY)

L’Ethiopie va bientôt importer du pétrole raffiné du Soudan du Sud en remplacement de celui, plus cher, produit au Proche-Orient, selon l’agence de presse chinoise Xinhua. C’est le ministre éthiopien des Mines et du Pétrole, Koang Tutlam, qui a annoncé cette décision le 30 octobre 2019, lors d’une conférence de deux jours sur l’énergie organisée à Juba par le ministère du pétrole du Soudan du Sud en partenariat avec African Oil and Power. Organisation réunissant des ministres, des hauts fonctionnaires et des hauts dirigeants de sociétés du secteur privé de l’énergie, qui a pour but d’explorer les moyens d’utiliser les ressources pétrolières pour œuvrer à une stabilité économique.

Une considérable diminution des dépenses pour Addis-Abeba

"Nous importons la quasi-totalité de notre pétrole et autres produits raffinés du Proche-Orient, mais compte tenu de la proximité des champs pétrolifères de Pagak et d'Adar, distants d’environ 200 km de la frontière éthiopienne, nous allons considérablement diminuer nos dépenses", a expliqué Koang Tutlam aux journalistes présents à la réunion. Selon lui, cela permettra à Addis-Abeba de réaliser une économie de 15 à 20% sur les 3,4 milliards de dollars déboursés pour importer près de quatre millions de tonnes de produits raffinés.

Une enveloppe qui devrait être plus importante dans les prochaines années, précise Olivier de Souza de l’agence Ecofin, car la demande augmente de 10 à 15% par an, dans un pays qui compte quelque 108 millions d’habitants.

Une raffinerie doit être installée à Pagak dans les années à venir. Le responsable éthiopien espère que l’usine entrera en production d’ici les trois prochaines années. Des projets de construction de route sont même déjà en cours d’élaboration pour permettre le transport des combustibles.

Un marché important pour le pétrole du Soudan du Sud

Le Soudan du Sud abrite les troisièmes plus grandes réserves de pétrole d'Afrique subsaharienne, estimées à 3,5 milliards de barils et pour la plupart encore inexplorées, indique le site en ligne The East African.

Si la relance du processus de paix basé sur la défense de la stabilité et la relance de l’économie se concrétisait, l’Ethiopie deviendrait un marché important pour le pétrole du Soudan du Sud a encore souligné Koang Tutlam. "Je pense que tout ira bien dans deux ou trois ans, après quoi les deux pays pourront mettre en place une infrastructure qui profitera aux deux pays", a-t-il déclaré.

Les deux pays discutent également d’approvisionnement en électricité. L’Ethiopie, qui exporte déjà de l’énergie hydroélectrique vers le Soudan du Sud, construit actuellement un barrage d’une capacité de 5 150 MW. Elle disposera ainsi d’un excédent qui pourrait profiter aux autres pays de la région dont la Tanzanie, Djibouti et le Kenya.