Ethiopie : l'OMS dénonce la situation au Tigré, "la pire catastrophe dans le monde"

Le conflit a débuté en novembre 2020 quand le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé une opération militaire dans la région pour renverser les autorités rebelles du Tigré issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

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France Télévisions
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Le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus lors de l'ouverture de l'Assemblée de l'Organisation mondiale de la santé, à Genève (Suisse), le 22 mai 2022.  (JEAN-GUY PYTHON / AFP)

Un nouveau cri d'alarme. L'OMS a alerté, mercredi 17 août, sur la situation humanitaire au Tigré, "la pire catastrophe dans le monde", reprochant aux dirigeants des pays développés d'avoir négligé la crise dans cette région du nord de l'Ethiopie, théâtre d'un conflit meurtrier entre gouvernement et rebelles. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dénoncé une "cruauté inimaginable" infligée aux six millions de personnes vivant dans la région. 

"La seule solution est la paix", a souligné le chef de l'organisation, appelant le gouvernement éthiopien à résoudre le conflit "d'une manière pacifique". Depuis le début du conflit, en novembre 2020, la région a subi des pénuries de produits alimentaires et l'accès à des services essentiels comme l'électricité, les télécommunications et les banques a été drastiquement réduit.

Un ravitaillement "au compte-gouttes"

"Résultat : la population du Tigré est confrontée à de multiples épidémies de malaria, anthrax, choléra, diarrhées et autres" maladies, a déploré le chef de l'OMS, lui-même originaire du Tigré, lors d'une conférence de presse à Genève. Les combats ont connu une accalmie depuis qu'une trêve humanitaire a été déclarée fin mars, permettant la reprise des convois d'aide internationale vers le Tigré. Mais selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, les produits alimentaires et les médicaments n'arrivent dans la région qu'au compte-gouttes.

Le directeur général de l'OMS a également suggéré que la discrimination et le racisme pouvaient expliquer le fait que la situation au Tigré s'éternise dans l'indifférence. "Peut-être que la raison est la couleur de la peau des Tigréens. Au cours des derniers mois je n'ai entendu nulle part un chef d'Etat évoquer la situation au Tigré, notamment dans le monde développé. Pourquoi ? Je pense que nous le savons". Il a également ajouté que la sécheresse, qui affecte la Corne de l'Afrique, aggravait la crise. 

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