Addis-Abeba a commencé à rapatrier des dizaines de milliers d'Ethiopiens bloqués dans des camps de rétention en Arabie saoudite

Quelques 400 000 Ethiopiens travailleraient illégalement en Arabie saoudite. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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 Des migrants éthiopiens bloqués en Arabie saoudite sont rapatriés à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 7 juillet 2021.  (MINASSE WONDIMU HAILU / ANADOLU AGENCY)

L'Arabie saoudite ne veut plus des travailleurs migrants illégaux entrés clandestinement dans le royaume. Coincés par la guerre qui sévit au Yémen, ces clandestins n’ont pas toujours la possibilité de rentrer chez eux. Beaucoup ont été emprisonnés par la police saoudienne qui les pourchasse. Dans le cadre d'un accord signé entre les deux pays, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a annoncé qu'il allait rapatrier 100 000 de ses citoyens d'Arabie saoudite au cours des mois à venir. 

Déjà 900 personnes rapatriées

Les premiers d’entre eux sont arrivés le 30 mars 2022 à Addis-Abeba en provenance de Djeddah. Environ 900 personnes, dont de nombreuses mères accompagnées d'enfants en bas âge ont atterri à l'aéroport international d'Addis-Abeba, a indiqué l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Elles "ont été prises en charge et enregistrées par les équipes de l'OIM et se sont vues offrir, entre autres, de la nourriture, un hébergement provisoire, une aide médicale et des conseils", explique l'organisation onusienne dans un communiqué.

"Nous sommes de retour dans notre pays béni après six mois en prison, se réjouit Medina, jeune femme de 28 ans, mais nombre de nos frères continuent de souffrir particulièrement dans les prisons pour hommes." Des organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent depuis plusieurs années les conditions de rétention des migrants éthiopiens arrivés clandestinement en Arabie saoudite.

Les femmes qui travaillent dans les familles saoudiennes sont souvent exploitées comme bonnes ou gardes d’enfants. Les hommes, eux, travaillent sur les chantiers de construction ou dans toute sorte de métiers difficiles suivant la conjoncture économique. Mais les autorités saoudiennes, qui ont décidé de freiner drastiquement cette immigration, les arrêtent et les emprisonnent dans des conditions terribles : "Nous pleurions tous les jours. On nous donnait du pain et une casserole de riz cuit pour 300 personnes. Parfois même 400 personnes vivaient dans la même pièce et nous ne voyions pas la lumière du soleil", a raconté à l'AFP Jemila Shafi, 29 ans, à son arrivée.

"Environ 750 000 Ethiopiens résidant actuellement dans le royaume (saoudien), dont quelque 450 000 sont entrés de manière illégale et devront être aidés à rentrer chez eux"

Organisation internationale pour le Migrations (OIM)

à l'AFP

Manne de devises

"Répondre aux besoins des 100 000 personnes de retour sera un énorme défi pour le gouvernement (éthiopien)", souligne l'OIM. Ces gens "sont nos citoyens. Ils ont connu des moments très douloureux. Quand le gouvernement a compris leur douleur (...) il a entamé des discussions diplomatiques" pour les faire rentrer, a expliqué Hana Yeshingus, représentante du ministère éthiopien des Femmes et des Enfants. Les autorités éthiopiennes ont favorisé ces départs vers le royaume wahhabite, car ces migrants lui rapportent d'importantes devises (transferts d'argent) depuis de nombreuses années.

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