Vidéo Pourquoi le groupe français Castel, géant français de la boisson, est dans le viseur du parquet antiterroriste

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Radio France
Une ONG soupçonne le groupe, producteur de vin et propriétaire des magasins Nicolas, d’avoir financé des milices armées en Centrafrique pour poursuivre ses activités dans le pays.

Le groupe Castel, géant français du vin et de la bière, propriétaire notamment de la chaîne de magasin Nicolas, est visé par une enquête du parquet antiterroriste, selon les informations de la cellule investigation de Radio France ce vendredi. Une ONG américaine, The Sentry, le soupçonne d’avoir financé des milices armées en Centrafrique pour poursuivre ses activités dans le pays.

>> ENQUETE. Le groupe Castel, géant français de la boisson, soupçonné d’avoir financé des milices en Centrafrique, visé par une enquête du parquet antiterroriste

L’une des filiales du groupe, qui produisait du sucre en Centrafrique, est soupçonnée d’avoir financé des milices armées pendant la guerre civile. La cellule investigation de radio France a pu consulter des documents internes à l’entreprise. Ce sont des rapports de sécurité rédigés quotidiennement dans l’usine centrafricaine entre 2014 et 2021. Ils évoquent un racket qui était imposé par les hommes de l’UPC, une milice dirigée par un chef de guerre, Ali Darassa. 

L'ONG américaine, soutient que la filiale de Castel aurait versé plus de 250 000 euros aux chefs de l’UPC. Cette milice est accusée par les Nations Unies de crimes de guerre, notamment pour un massacre qui a eu lieu dans un camp de réfugiés chrétiens en 2018. 112 personnes sont mortes. Peu avant ce drame, des employés de l’usine du groupe Castel avaient réparé l'un des pick-up du chef de la milice. Le géant de la boisson se retrouve au cœur d’une enquête pour des soupçons de complicité de crimes contre l’humanité. 

Le groupe Castel, de son côté, conteste avoir apporté le moindre soutien aux rebelles.

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