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Centrafrique : des affrontements meurtriers réveillent les peurs à Bangui

La Croix-Rouge a dénombré au moins 29 morts depuis jeudi soir. L'armée française a décidé de renforcer ses patrouilles dans les rues, vendredi.

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France Télévisions
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Des habitants de Bangui courent se mettre à l'abri alors que des tirs retentissent dans la capitale centrafricaine, vendredi 20 décembre 2013.  (FRED DUFOUR / AFP)

François Hollande a annoncé, vendredi 20 décembre, lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet européen, à Bruxelles, que l'Union européenne prendrait en janvier une décision sur le lancement d'une mission européenne en Centrafrique, pour venir en appui à l'intervention française. 

L'opération Sangaris a été saluée par le  président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Ce dernier estime qu'elle a d'ores et déjà permis d'éviter une guerre civile, voire un "génocide". Mais sur le terrain, la tension est loin d'être retombée. Un porte-parole du contingent français qualifie la situation à Bangui de "volatile".

Des affrontements meurtriers entre chrétiens et musulmans

D'après des témoignages concordants, un petit convoi de combattants de l'ex-rébellion Séléka, se déplaçant en taxi, a eu un accrochage, jeudi en fin d'après-midi, avec des "anti-balaka" – des miliciens chrétiens – dans le quartier Gobongo.

Après cet affrontement, des anti-balaka se seraient infiltrés dans les quartiers avoisinants et se seraient approchés de la base des forces tchadiennes sur l'aéroport de la capitale centrafricaine, où sont également stationnés les soldats français et les autres contingents de la force africaine, la Misca. Les Tchadiens ont riposté.

Les affrontements ont continué, dans la nuit et au petit matin, dans les quartiers Combattants, Ngongonon, Boing. Des cadavres ont été retrouvés, jeudi matin, à Gobongo et sur la route de l'aéroport. D'autres corps ont été amenés à la mosquée Ali Babolo, dans le quartier PK5, selon un imam. La Croix-Rouge a dénombré au moins 29 morts.

La confusion a aussi été alimentée par une manifestation mouvementée au petit matin, à proximité de l'aéroport. Près de 500 personnes ont exigé le départ du président et chef de l'ex-rébellion Séléka, Michel Djotodia. Des soldats tchadiens de la Misca ont tiré en l'air pour les disperser. Ils ont d'abord suscité la panique, puis le mécontentement de la foule.

Dans Bangui, ville morte, l'armée française renforce ses patrouilles

Ces coups de feu ont semé la terreur dans la ville. Les avenues et les principaux axes de la capitale ont été désertés par les habitants. La circulation automobile a quasiment cessé dans les rues. Et rares sont les passants qui osent s'y risquer. De nombreuses boutiques situées le long du boulevard de l'indépendance, qui mène à l'aéroport, dans le nord de Bangui, ont baissé leur rideau.

"Toute l'activité économique et sociale est interrompue et les habitants, paniqués, ont fui leur domicile", a confirmé Guy-Simplice Kodegue, le porte-parole du gouvernement intérimaire. 

Le journaliste envoyé spécial pour France 2 sur place indique par ailleurs que le ministère des Affaires étrangères a lancé une alerte, demandant aux ressortissants français de rester chez eux. 

En début d'après-midi, les tirs avaient apparemment cessé. De nombreuses patrouilles de la police et de la gendarmerie centrafricaine, mais également de la force africaine, étaient visibles dans les rues. Après ces violences,  l'armée française et la force africaine ont renforcé leurs patrouilles pour prévenir une reprise des tueries.

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