"On peut quand même être fier" : les appelés de l'armée française après 1962 en Algérie sont reconnus comme anciens combattants

Plus de 80 000 militaires ont participé à des opérations après la signature des accords d'Evian. Ils sont désormais officiellement reconnus comme anciens combattants, ce qui leur permet de toucher une retraite. 

Geneviève Darrieusecq secrétaire d\'Etat auprès de la ministre des armées entourée des anciens appelés, le 30 avril. 
Geneviève Darrieusecq secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées entourée des anciens appelés, le 30 avril.  (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

Ils étaient les oubliés de l'Histoire. Les appelés de l'armée française qui ont servi en Algérie après la signature des accords d'Evian vont désormais bénéficier du statut d'ancien combattant. Plus de 80 000 militaires ont participé à des opérations "d'apaisement et de désengagement" durant la période entre 1962 et 1964.

57 ans après, leur demande est enfin satisfaite 

Ils sont une trentaine à l'Hôtel de Brienne à Paris ce mardi 30 avril. Des photographes immortalisent le moment où ces hommes ont leur croix du combattant bien en vue. "Il était temps", glisse l'un d'entre eux. Jean-Paul Leconte, 77 ans, a servi entre mai 1962 et octobre 1963 dans le 43e bataillon d'infanterie. "Sur le plan symbolique, on peut quand même être fier", dit-il après avoir reçu cette décoration mardi. "Là je vais aller chercher ma petite fille qui est en congés scolaires, je vais laisser cette médaille sur mon revers, ça fait chic !"


Des appelés de l'armée française reconnus comme anciens combattants, par Benjamin Illy
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"Décorer 29 récipiendaires n'est pas un acte anodin, affirme Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées. C'est la reconnaissance de la République. Nous concrétisons une demande légitime et ancienne. Ensemble, nous redonnons à ces combattants la place qui est la leur dans l'Histoire", poursuit la ministre face au public. 

Un avantage financier 

Pour Lucien Colas, 78 ans, cette médaille "représente six mois que j'ai passés en Algérie". Une époque triste selon ses mots, où il y a eu "des morts et des suicidés". Il affirme qu'il attendait cette reconnaissance depuis 57 ans. Il en avait besoin "moralement, financièrement aussi". La retraite du combattant qu'il va toucher est d'un montant de 751,40 euros par an, non imposable. L'avantage financier lié à cette carte du combattant est déjà accordé à près de 14 000 anciens appelés de la période 1962 /1964. Ils seront 50 000 à en bénéficier d'ici le début de l'année prochaine.