L'Algérie rappelle son ambassadeur en France après la diffusion de documentaires télévisés sur le Hirak

Le Hirak, mouvement populaire de contestation contre le régime, a secoué l'Algérie pendant plus d'un an, jusqu'à sa récente suspension en raison de l'épidémie de Covid-19.

Une manifestation à Paris pour soutenir le Hirak, le 15 septembre 2019.
Une manifestation à Paris pour soutenir le Hirak, le 15 septembre 2019. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)

L'Algérie a décidé de rappeler "immédiatement" son ambassadeur en France, pour consultations, mercredi 27 mai, après la diffusion, la veille, de deux documentaires télévisés sur le mouvement de contestation contre le régime algérien, dans un climat de défiance à l'encontre des médias étrangers. Algérie mon amour a été diffusé sur la chaîne du service public France 5 et Algérie : les promesses de l'aube, sur La Chaîne Parlementaire (LCP). "Sans commentaire", a réagi mercredi soir auprès de l'AFP le groupe France Télévisions, dont France 5 est une des chaînes.

Le documentaire Algérie mon amour, du journaliste et réalisateur français d'origine algérienne Mustapha Kessous, a déclenché dès sa diffusion de vifs débats sur les réseaux sociaux. Il a été retransmis en direct sur certaines pages Facebook, faisant surgir des divisions, notamment socio-culturelles, qui agitent le mouvement de contestation. Algérie mon amour présente sur un ton très libre et sans tabou les témoignages de cinq jeunes, trois hommes et deux femmes originaires d'Alger, Oran et Tizi Ouzou, notamment, qui ont participé au Hirak, nom du mouvement populaire antirégime.

"Des attaques contre le peuple algérien"

"Le caractère récurrent de programmes diffusés par des chaînes de télévision publiques françaises, dont les derniers en date sur France 5 et la Chaîne Parlementaire, le 26 mai 2020, en apparence spontanés et sous le prétexte de la liberté d'expression, sont en fait des attaques contre le peuple algérien et ses institutions" dont l'armée, "digne héritière de l'Armée de libération nationale (ALN)", affirme le ministère des Affaires étrangères algérien dans un communiqué.

"Cet activisme où l'inimitié le dispute à la rancœur, dévoile les intentions malveillantes et durables de certains milieux qui ne souhaitent pas l'avènement de relations apaisées entre l'Algérie et la France, après 58 ans d'indépendance, et ce dans le respect mutuel et l'équilibre des intérêts qui ne sauraient faire l'objet de concession ou de marchandage", poursuit le ministère algérien.

Ce coup de chaud diplomatique survient au moment où la répression continue à s'abattre sur des opposants, des journalistes et médias indépendants ainsi que des internautes. La justice algérienne a refusé, mercredi, la demande de liberté provisoire du journaliste Khaled Drareni, en détention depuis fin mars et devenu le symbole du combat pour la liberté de la presse.