Le président Bouteflika renonce à briguer un 5e mandat : "Il faudrait que les Algériens exigent une nouvelle République"

L'écrivain Yasmina Khadra était l'invité de franceinfo lundi.

Le romancier Yasmina Khadra, le 29 juin 2015 à Paris.
Le romancier Yasmina Khadra, le 29 juin 2015 à Paris. (JOEL SAGET / AFP)

"Il faudrait que les Algériens exigent une nouvelle République", a estimé lundi 11 mars sur franceinfo Yasmina Khadra, romancier et ancien commandant de l'armée algérienne, après la décision du président algérien Abdelaziz Bouteflika de ne pas briguer un cinquième mandat. 

Aller "vers une deuxième République" 

"Je suis soulagé, on a évité le pire", a déclaré le romancier qui s'était présenté à l'élection présidentielle dans son pays en 2014, "mais il faudrait que les gens comprennent que le rejet de ce cinquième mandat c'est aussi le rejet de tout un système. Il faudrait que les Algériens exigent une nouvelle République, de nouveaux horizons et surtout un espace où ils pourraient aller vers leur vocation en toute sérénité."

Pour Yasmina Khadra, "il faut que le système s'en aille. Bouteflika, on sait pourquoi il s'est retiré, mais on veut aussi savoir pourquoi le système se doit de se retirer. Il faut montrer une certaine sagesse, surtout les jeunes algériens, pour construire la nation dont ils rêvent." L'écrivain a appelé à ce que "les élections se fassent le plus tôt possible. Ce serait idiot de laisser s'échapper cette victoire, il faut que le peuple algérien reste vigilant". Il estime que "maintenant, il faut appeler à la sérénité mais aussi à l'exigence, la détermination d'aller vers une deuxième République où la constitution ne sera plus jamais violée".

Un premier succès

"J'étais subjugué, heureux, comme un enfant devant un aquarium", a réagi le romancier Yasmina Khadra en évoquant cette mobilisation massive des jeunes, suivie de manifestations de journalistes ou encore de magistrats.

À chaque fois que je rentrais en Algérie, je prenais le pouls des protestations et je voyais que les gens se complaisaient dans la convalescence. Mais maintenant, le peuple est guéri, il veut vraiment vivre pleinement sa vie. C'est tout ce que je souhaitais.Yasmina Khadraà franceinfo

"Ce sont des millions de gens qui sont sortis dans les rues et qui ont réussi à prouver une maturité, une sérénité et surtout un vrai amour pour leur patrie", a réagi Yasmina Khadra. "Ils l'ont fait sans haine et sans provocation. Maintenant il faut quelqu'un qui n'a rien à voir avec le système, qui n'a jamais été du côté des plus forts et des décideurs et il y en a beaucoup qui méritent d'incarner les espérances du peuple algérien", a ajouté le romancier algérien. "Il faut que le peuple présente une personne, une seule, sinon ça ira à l'avantage du FLN."