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Les cinq moments clés de l'hommage à Mandela

Des dizaines de milliers de Sud-Africains et un parterre sans précédent de chefs d'Etat ont assisté à la cérémonie organisée en mémoire du prix Nobel de la paix, dans l'immense stade de Johannesburg. En voici les temps forts.

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France Télévisions
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Un homme lève le poing lors du discours de Barack Obama dans le stade de Johannesburg (Afrique du Sud), le 10 décembre 2013, où se tient la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela. (YANNIS BEHRAKIS / REUTERS)

Journée de communion et de recueillement en Afrique du Sud. Sous une pluie battante, des dizaines de milliers de Sud-Africains et un parterre sans précédent de grands de ce monde ont rendu un dernier hommage à Nelson Mandela, mardi 10 décembre, dans l'immense stade de Soweto, aux deux tiers plein. Au-delà de l'ambiance festive, des chants et des danses, voici les cinq moments clés de cette cérémonie fleuve.

L'embrassade entre les ex-épouses de Mandela

Graça Machel, la dernière épouse de Nelson Mandela, et Winnie Madikizela-Mandela, sa deuxième femme, se sont embrassées avant que ne commence la cérémonie. Cette marque d'attention n'est pas passée inaperçue.

Car les Sud-Africains sont très attachés à ces deux femmes. La première, veuve du père de l'indépendance mozambicaine Samora Machel, a épousé le premier président noir d'Afrique du Sud en 1998, à la fin de son mandat, et a gagné leur respect en veillant constamment sur son mari agonisant, tout en se tenant à l'écart des médias et des querelles familiales. La seconde a porté l'image de Nelson Mandela pendant toute sa détention.

Winnie Madikizela-Mandela et Graça Machel, deux ex-épouses de Nelson Mandela, s'embrassent, le 10 décembre 2013, lors de l'hommage rendu au prix Nobel de la paix, à Johannesburg (Afrique du Sud). (CHRISTOPHER FURLONG / GETTY IMAGES EUROPE / AFP)

Le président sud-africain hué

Jacob Zuma a été conspué par la foule à plusieurs reprises. Dès son arrivée d'abord, puis à chaque fois que son image apparaissait sur les écrans géants. Et, enfin, lorsqu'il a pris la parole. Une partie du public a même commencé à quitter le stade quand le président sud-africain a entamé son discours.

La télévision sud-africaine a montré dans l'assistance des groupes de partisans des Economic Freedom Fighters, le nouveau parti très anti-Zuma de l'ancien président des jeunes de l'ANC Julius Malema, qui recrute essentiellement parmi les chômeurs et dont les troupes sont souvent indisciplinées.

L'ancien président Thabo Mbeki - contraint par Zuma à quitter le pouvoir en 2008 - et le vice-président Kgalema Motlanthe - qui s'était présenté contre Zuma à la tête de l'ANC, le parti au pouvoir, fin 2012 - ont en revanche été très applaudis à leur arrivée dans le stade Soccer City.

Le vice-président de l'ANC Cyril Ramaphosa, Monsieur Loyal de la cérémonie, a dû plusieurs fois appeler au calme.

Le "ubuntu" d'Obama, acclamé par la foule

Le premier président noir des Etats-Unis a presque volé la vedette au premier président noir d'Afrique du Sud. A la tribune, Barack Obama a fait l'éloge d'"un géant de l'histoire".

Pour l'occasion, le chef d'Etat américain a emprunté un mot à la langue zouloue : "ubuntu". Un terme qui résume les valeurs humanistes de fraternité, d'hospitalité et de dialogue, souvent exaltées par Nelson Mandela.

"Il y a un mot en Afrique du Sud, 'ubuntu', qui résume le plus grand legs de Mandela, a lancé le locataire de la Maison Blanche. Nous sommes tous liés les uns aux autres. Il y a une unité dans l'humanité. Nous nous accomplissons en nous offrant aux autres et en prenant soin des autres autour de nous." Barack Obama a été acclamé et applaudi par la foule.

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La poignée de main historique entre Obama et Castro

Avant de monter à la tribune pour prononcer son discours, Barack Obama a offert une poignée de main à son homologue cubain Raul Castro. Un geste qui témoigne, une nouvelle fois, de sa volonté de se rapprocher de ce vieil ennemi des Etats-Unis, alors que les deux pays sont en froid depuis le début des années 1960.

Les deux hommes ont échangé quelques mots avant que le président américain ne donne l'accolade à son homologue brésilienne Dilma Rousseff, qui se tenait au côté du leader cubain dans la tribune du stade.

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"Rien n'était prévu", a expliqué dans la soirée le conseiller adjoint de sécurité nationale du président américain. "Lorsque [Barack Obama] est allé à la tribune, il a serré les mains à tout le monde sur son chemin, il n'a rien fait d'autre qu'échanger des salutations avec ces dirigeants", a-t-il précisé, indiquant que cette poignée de mains n'était pas programmée.

Hollande et Sarkozy côte à côte

François Hollande et son prédécesseur Nicolas Sarkozy ont tous deux assisté à la cérémonie. Ils ont voyagé dans des avions distincts, mais sont arrivés ensemble et se sont assis côte à côte dans la tribune.

Ils étaient accompagnés des ministres des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et de la Justice, Christiane Taubira, de l'ex-numéro un du Parti communiste français (PCF) Robert Hue, président du groupe interparlementaire d'amitié France-Afrique du Sud, de l'évêque de Cayenne et ancien curé de Soweto Emmanuel Lafont, ainsi que de Bernard Lapasset, président de l'International Rugby Board.

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Bonus : le "selfie" de la Première ministre danoise

David Cameron, Helle Thorning-Schmidt et Barack Obama (de gauche à droite) se prennent en photo, à côté de Michelle Obama, lors de l'hommage à Nelson Mandela, le 10 décembre 2013. (ROBERTO SCHMIDT / AFP)

Le cliché fait sourire. Lors de la cérémonie, la Première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, s'est prise en photo avec son smartphone, entourée de David Cameron et Barack Obama, visiblement réjouis de l'initiative. Le moment n'a pas eu l'air de plaire à Michelle Obama. La "First Lady" s'est même installée entre son mari et la responsable politique danoise juste après la photo, rapporte le Huffington Post

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