Afghanistan : un mois après la prise de pouvoir des talibans, "impossible de s'habituer à ça", témoignent des Afghans restés sur place

Le 15 août dernier, il y a un mois jour pour jour, les talibans prenaient le contrôle de Kaboul. Depuis, si des milliers d'Afghans ont quitté le pays, d'autres ont dû rester sur place une fois les derniers vols d'évacuation partis. 

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Reihane (à droite), jeune athlète de 18 ans lors d'une course aux côtés de l'équipe afghane de cyclisme féminin.  (Capture d'écran chaîne Youtube de Neman Noori)

Elle se dit "physiquement en forme", mais "mentalement détruite" depuis que les talibans sont arrivés au pouvoir. Reihane est une jeune athlète afghaneSur un cliché, elle pose avec du rouge aux lèvres, un foulard multicolore recouvre une partie de ses cheveux. À 18 ans, la jeune femme, membre de l'équipe nationale de cyclisme, a vu sa vie changer brutalement il y a un mois. Elle a quitté sa ville, Bamyian, pour Kaboul, où elle hébergée par sa famille. "Depuis que les talibans sont arrivés, les filles n'ont plus le droit de faire du sport, explique Reihane, je suis sûre que les talibans ne m'autoriseront jamais à remonter sur mon vélo. C'est impossible de s'habituer à ça. Dans ma province à Bamiyan, chaque jour je faisais du vélo, j'allais à l'école avec, j'allais partout avec mon vélo." 

"Ici à Kaboul, je reste juste à la maison, la seule chose que je peux faire, c'est dormir, c'est tout."

Reihane, membre de l'équipe nationale afghane de cyclisme

à franceinfo

Sur son téléphone, elle a gardé une vidéo de sa dernière course, de son poing levé au moment de franchir la ligne d'arrivée, au milieu d'un paysage aride. Aujourd’hui, elle ne sort même pas pour acheter du pain : "les talibans nous disent que les femmes sont là pour élever les enfants, je ne peux pas m'y faire."

"Les talibans n'ont pas changé"

Mohamad de son côté arpente les rues de Kaboul avec son masque sur le visage, et pas uniquement à cause du Covid-19. En tant qu'ancien employé du gouvernement, en charge de la lutte contre le trafic d'opium, en tant que membre aussi de la minorité Hazara, ce père de quatre enfants, a reçu des menaces des talibans. Il se cache, depuis un mois : "Depuis que j'ai perdu mon emploi et donc ma seule source de revenus, ma situation personnelle est de pire en pire. Je n'ai presque plus d'économies, je vis vraiment dans une situation misérable. Mais je survis."

"Les talibans n'ont pas changé, ils sont brutaux, ils sont cruels. S'il vous plaît, partagez mon message au monde : ne les reconnaissez pas, ne les soutenez pas."

Mohamad, ancien employé du gouvernement afghan

à franceinfo

Comme tant d'autres, Mohamad cherche à quitter le pays. Mais sans argent, sans passeport, il n'a, dit-il, que peu d'espoir.  

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