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A Mayotte, "le mouvement va se durcir" prédit un eurodéputé Insoumis

Younous Omarjee, député européen France insoumise des Outre-mer, a expliqué, vendredi sur franceinfo, que l'île de Mayotte "est au bord de la rupture".

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Radio France
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Une manifestation à Mamoudzou (Mayotte), le 7 mars 2018. (ORNELLA LAMBERTI / AFP)

Le mouvement de contestation continue à Mayotte. Les barrages routiers ont repris, vendredi 9 mars, et une forte mobilisation est attendue lundi pour la rentrée scolaire. Younous Omarjee, député européen France insoumise des Outre-mer, a estimé, vendredi sur franceinfo, que "le mouvement va se durcir", car "l'intervention hier [jeudi] du Premier ministre au Sénat a laissé un sentiment d'insatisfaction très grand". Pour lui, "l'île est au bord de la rupture".

franceinfo : Va-t-on franchir une nouvelle étape dans le mouvement ?

Younous Omarjee : À l'évidence. Cela fait plus de trois semaines que les Mahorais sont mobilisés avec une convergence de toute la population, des élus et des forces syndicales autour des mêmes revendications. Il y avait jeudi plus de 3 000 personnes dans les rues à Mayotte, l'équivalent d'un million ici en métropole. Les Mahorais demandent tout simplement à être entendus et ils n'ont pas le sentiment, qu'à Paris, il y ait une perception juste de ce qui se passe. L'île est au bord de la rupture. Les Mahorais demandent des mesures et des engagements immédiats pour répondre aux besoins dans tous les domaines.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé l'ouverture d'une conférence pour l'avenir de Mayotte. Elle va se rendre sur l'île après la rentrée des classes. Cela ne suffit pas selon vous ?

Ces annonces sont très tardives. La ministre avait indiqué qu'elle ne se rendrait pas à Mayotte du fait des élections législatives. Par ailleurs, les ministres n'hésitent pas à aller en Guyane pour y faire campagne. Cela a été très mal reçu et les Mahorais attendaient qu'un ministre du gouvernement soit présent pour engager des discussions. Le mouvement va se durcir, l'intervention hier du Premier ministre au Sénat a laissé un sentiment d'insatisfaction très grand.

Le Premier ministre dit que tout est sur la table. Qu'en pensez-vous ?

La situation est d'une extraordinaire complexité et il n'y a pas de réponses simplistes. Depuis la départementalisation de Mayotte, il n'y a pas eu d'effort exceptionnel pour assumer le rattrapage de ce territoire. C'est une situation de souffrance pour les Mahorais qui n'ont pas accès au service public. Il y a des retards dans le domaine de l'éducation, un grand sentiment d'insécurité ainsi que des problèmes d'assainissement et d'eau potable. L'assainissement, c'est 100 millions d'euros d'effort budgétaire pour y arriver. Les Mahorais ont accompli un acte de foi dans la République. Ils sont Français et considèrent qu'ils sont très peu payés en retour de cette appartenance à la République. Il y a une demande d'égalité qui n'est pas, aujourd'hui, satisfaite par la France. Il faut mettre en place un plan d'urgence pour investir massivement pour les services publics. Il y a la question de l'immigration, mais il faut là encore reconsidérer la relation de co-développement avec l'union des Comores.

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