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Tempête Christine : des vagues allant jusqu'à 14 mètres attendues dans le Sud-Ouest

Trente-cinq dépressions en deux mois. Si la tempête Christine semble être la dernière d'une longue série, elle se distingue aussi par une houle très forte. Explications d'un prévisionniste.

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Propos recueillis par Jéromine Santo Gammaire - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
De hautes vagues s'abattent sur les rochers de Plouganou (Finistère), le 3 mars 2014, au passage de la tempête Christine.  (MAXPPP)

La tempête Christine signe une nouvelle fois le retour des inondations dans le Finistère mais aussi dans les Pyrénées-Atlantiques. Onze départements de la façade atlantique sont toujours en vigilance orange vagues-submersion lundi 3 mars, en raison de l'arrivée de cette tempête et d'un fort coefficient de marée.

Des vagues de 14 mètres de hauteur sont notamment attendues dans le golfe de Gascogne en fin de journée, selon La Chaîne Météo, qui estime que la tempête pourrait être "la plus féroce de l'année". Dimanche, une quinquagénaire a perdu la vie près de Quiberon (Morbihan) après avoir été prise dans un fort courant avec son groupe de randonnée de longe-côte.

Francetv info a interrogé Ludovic Lagrange, prévisionniste chez MeteoGroup et consultant de France Télévisions.

Francetv info : Quelle est la particularité de la tempête Christine ?

Ludovic Lagrange : Cette nouvelle dépression ne peut pas vraiment être comparée aux tempêtes que l’on a depuis le début de l’année. Celle-ci nous vient de l’Atlantique, elle s’est formée au large de Terre-Neuve (Canada) et était centrée ce matin sur le sud-ouest des îles britanniques. Depuis la mi-décembre, nous avons connu 35 dépressions. Toutes étaient plutôt orientées au secteur sud-ouest voire sud, les températures étaient d'ailleurs extrêmement douces. La tempête Christine circule, elle, plutôt dans un courant d'ouest à nord-ouest, plus froid. 

Ensuite, la particularité de Christine n’est pas les vents forts - même si l'on s'attend à des rafales entre 100 et 110 km/h, rien d'exceptionnel pour la côte atlantique. Ce qui la distingue des autres tempêtes, c’est qu’elle génère une forte houle qui s'est formée très loin dans l'Atlantique. Plus la distance est importante, plus les vagues sont fortes. Elles se propagent lundi et mardi du Finistère jusque sur les côtes de l’arc atlantique.

Nous sommes en période de grandes marées depuis vendredi, cela va-t-il accentuer le phénomène ?

Durant ces périodes, la mer rentre davantage dans les terres. Elle se retire plus loin et arrive avec plus de force sur nos côtes. Ce mouvement est amplifié par les vagues plus grandes de la tempête Christine. L’effet conjugué des grandes marées et de la dépression va favoriser la formation de vagues de 8 à 10 mètres sur le Finistère et jusqu'à 11 à 12 mètres sur le Pays basque, les Pyrénées-Atlantiques et toutes les côtes d'Aquitaine en général. C’est cette zone-là de l’arc atlantique qui suscite le plus d’inquiétudes [les Pyrénées-Atlantiques ont été placées en alerte rouge par Météo Consult].

Non seulement les vagues sont importantes et les coefficients de marée élevés, mais en outre, la mer vient se heurter à une côte extrêmement fragilisée par le passage successif des dépressions depuis mi-décembre. Le trait de côte a reculé de 3 à 10 mètres, parfois même jusqu’à plus de 20 mètres localement. La côte a été plus fragilisée encore qu’au passage de Xynthia en 2010 ou même de Klaus en 2009. Des vagues de près de 12 mètres vont aggraver le processus.

Faut-il craindre des inondations ?

Sur les Pyrénées-Atlantiques, on observe d’importants cumuls de précipitations depuis la fin de la semaine dernière. L’équivalent de plus d’un mois de pluie. La forte houle empêche le bon écoulement des fleuves côtiers dans la mer. A chaque marée haute, les cours d'eau voient leur niveau s'élever rapidement, finissent par déborder et provoquer des inondations qu’on a déjà observées en Bretagne depuis hier. Ce phénomène peut concerner en particulier la Laïta et la rivière de Morlaix, dans le Finistère, ainsi que la Gironde.

La tempête Christine ferme la marche puisqu’à compter de mercredi, on va observer le retour de l’anticyclone des Açores. Absent depuis mi-décembre, il va enfin s’étirer sur la France et on retrouvera un temps sec à compter de mercredi et surtout de jeudi, et jusqu’en fin de semaine.

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