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Non, Paris n'était pas la ville la plus polluée du monde mercredi

Un classement où figurent les principales villes de la planète donne Paris en tête des villes les plus polluées mercredi matin. Mais beaucoup de métropoles n'y figurent pas.

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France Télévisions
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La tour Eiffel noyée sous un nuage de particules fines, le 18 mars 2015 à Paris. (FRANCK FIFE / AFP)

Hier, Paris était la ville la plus polluée du monde. Vous avez sans doute lu cette information spectaculaire sur les réseaux sociaux ou à la une de certains journaux après l'épisode de pollution particulièrement marquant qui a touché la capitale mercredi 18 mars. Elle est fondée sur un classement établi par Plume, une start-up française spécialisée dans la mesure de la pollution.

La start-up obtient ce résultat en calculant son propre indice à partir des mesures de polluants publiées par les villes. Francetv info vous explique pourquoi il faut prendre ce classement avec des pincettes.

Parce qu'il s'agit d'un classement ponctuel

Contacté par francetv info, le fondateur de Plume, Romain Lacombe, reconnaît les limites de l'exercice. "C'est important de préciser que [Paris n'a été la ville la plus polluée] que pendant quelques heures" mercredi matin, et pas toute la journée, explique-t-il.

Ce n'est pas la première fois que Paris dépasse les villes chinoises en matière de pollution : cela s'était déjà produit en mars 2014. Ce jour-là, l'air de Pékin était meilleur que d'habitude, et celui de Paris beaucoup plus mauvais. Sur une année, l'air de la capitale chinoise reste en moyenne nettement plus pollué, comme nous l'expliquions, graphique à l'appui, l'an dernier.

Parce que toutes les villes ne sont pas prises en compte 

Le classement de Plume est loin d'être exhaustif. Si de grandes métropoles bien connues pour leurs forts taux de pollution, comme Pékin ou New Delhi, y figurent, il n'y a qu'une soixantaine de villes. D'autres, moins connues mais tout aussi polluées, manquent à l'appel. "Il y a beaucoup de villes pour lesquelles nous n'avons pas de données", reconnaît Romain Lacombe.

Un autre classement, établi par une start-up concurrente, Allairgoo, donne un tout autre résultat en comparant les pics de pollution dans 1 600 villes sur cette journée du 18 mars. Dans ce tableau, Paris n'arrive qu'en 24e position, derrière une vingtaine de villes chinoises comme Luoyang ou Hangzhou.

Parce que toutes les villes ne mesurent pas la pollution

Ce second classement est lui aussi à relativiser. Si les villes chinoises y sont surreprésentées, ce n'est pas seulement parce que la qualité de l'air y est particulièrement mauvaise. C'est également parce que la Chine est l'un des rares pays en développement à publier quotidiennement des mesures des niveaux de polluants pour un grand nombre de villes. 

D'autres métropoles très polluées, en Inde, en Afghanistan, au Pakistan ou en Iran, par exemple, ne sont pas aussi transparentes. En 2014, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un classement des villes les plus polluées par les particules fines, en moyenne annuelle. Pour les particules PM10, polluant le plus mesuré dans les données de l'OMS (1 600 villes), le trio de tête était composé de Peshawar (Pakistan), Rawalpindi (Pakistan) et Mazar-e-Charif (Afghanistan). Aucune de ces villes ne propose de mesures quotidiennes des niveaux de pollution. Dans ce classement, Paris figure à la 836e place.

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