Neige : "Le sentiment d'abandon qui existait déjà dans les territoires ruraux est mis en exergue avec cet événement"

"Les gens sont épuisés, à bout, parce qu'ils se sentent totalement abandonnés. On fait ce qu'on peut en tant que petit maire, mais on est nous-mêmes abandonnés par l'État", déplore la maire de la commune de Motte-de-Galaure, dans la Drôme.

Une ligne électrique pliée sous le poids de la neige, à Peyrins (Drôme), le 15 novembre 2019.
Une ligne électrique pliée sous le poids de la neige, à Peyrins (Drôme), le 15 novembre 2019. (NELLY SORBIER / FRANCE-BLEU DRÔME-ARDÈCHE)

Moins de 3 500 foyers sont toujours sans électricité dans la région Rhône-Alpes, tout particulièrement dans la Drôme, comme à Motte-de-Galaure où "le sentiment d'abandon qui existait déjà dans les territoires ruraux est mis en exergue avec cet événement", rapporte Laurence Perez, la maire de cette commune de 800 habitants, invitée de franceinfo jeudi 21 novembre. "Dans ma commune, il reste six habitations sans électricité", détaille Laurence Perez. "C'est tout le nord de la Drôme qui est encore touché. J'ai des couples de personnes âgées de plus de 80 ans et des familles avec des enfants qui ont 6-7 ans, qui n'ont pas l'électricité depuis sept jours."

La maire de cette commune drômoise se plaint de la mauvaise communication d'Enedis, la société chargée de restaurer l'électricité dans les foyers. "On ne les a toujours pas eus au téléphone, ils ne nous promettent absolument rien. La seule information qu'on a, c'est qu'on voit des agents sur le terrain qui travaillent." Laurence Perez se sent oubliée : "Le sentiment d'abandon qui existait déjà dans les territoires ruraux est juste mis en exergue avec cet événement. Les gens sont épuisés, à bout, parce qu'ils se sentent totalement abandonnés. On fait ce qu'on peut en tant que petit maire, mais on est nous-mêmes abandonnés par l'État. Les services publics ont fui les territoires ruraux, aujourd'hui on est seuls."

Enedis a annoncé le retour du courant pour tout le monde d'ici dimanche 24 novembre. L'une de ses collègues, la maire de Portes-lès-Valence (Drôme), Geneviève Girard, a décidé mercredi 20 novembre d'écrire au président de la République pour alerter sur la lenteur de la remise en état des infrastructures.