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Intempéries : "Plus aucune région n'est préservée de ces épisodes intenses", prévient un hydrologue

"La période et la fréquence" de ces événements "sont peut-être en train de changer et de monter", explique à franceinfo Fabien Christin.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Les intempéries ont provoqué d'importants dégats en Allemagne, comme ici à Schuld le 16 juillet 2021.  (SASCHA STEINBACH / EPA)

"Plus aucune région n'est préservée de ces épisodes intenses", a prévenu Fabien Christin, après les inondations dans l'est de la France. "Depuis le début des relevés de Météo France sur les pluies extrêmes, on n'a pas connu de précipitations intenses en juin ou en juillet sur l'Alsace et la Moselle", a ajouté vendredi 16 juillet sur franceinfo cet hydrologue au Cereg, bureau d'études spécialisé dans l'aménagement des territoires. L'est de la France n'est pas la seule région d'Europe touchée par des inondations. En Allemagne et en Belgique, elles ont causé la mort d'au moins 93 personnes.

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franceinfo : Une goutte froide est à l'origine de ces intempéries. De quoi s'agit-il ?

Fabien Christin : Une goutte froide, c'est une dépression arrivée du Nord et qui stagne. On a un phénomène de pluies qui s'enroule autour de cette goutte avec, au centre, des précipitations qui ne sont pas forcément les plus importantes. Sur l'épisode qu'on vient de passer, en Alsace, on a ainsi eu des précipitations moyennes à fortes, avec des cumuls de l'ordre de 100 à 150 mm. En Allemagne et en Belgique, on a dépassé les 200 mm. J'ai pu consulter les statistiques françaises : depuis le début des relevés de Météo France sur les pluies extrêmes, on n'a pas connu de précipitations intenses en juin ou en juillet sur l'Alsace et la Moselle.

Comment en est-on arrivé à ces inondations ?

On a un phénomène de pluie qui dure depuis maintenant 4-5 jours et qui a saturé ces sols. Chaque petite pluie produit donc de très forts ruissellements. On le voit sur les petits cours d'eau qui sont montés mardi, sont redescendus mercredi et quand il a replu jeudi, ils ont repris encore deux mètres et ils sont remontés quasiment à leur niveau de mardi. Ce phénomène de yoyo est dû à une réaction très rapide à la suite de précipitations, même si elles sont moyennement intenses. Puisque les sols sont saturés, il n'y a plus d'infiltration dans ce sol, il y a que du ruissellement qui est produit et donc on a une concentration de ruissellement dans les petits cours d'eau. Ce sont surtout eux qui ont réagi jusqu'à maintenant. On commence à voir le Rhin qui commence à monter, mais dans des proportions qui sont encore raisonnables.

Ces phénomènes peuvent-ils se multiplier, selon vous, dans un futur proche ?

C'est ce que disent les prévisionnistes du Giec [Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat]. Le fait d'avoir un air plus chaud, des contrastes de température plus importants au niveau des masses d'air peut générer ce type de phénomène qui s'intensifie. Ça peut surtout le générer sur des régions qui n'en avaient pas l'habitude. On a coutume de parler en été, en automne, des phénomènes cévenols dans le sud de la France, beaucoup moins de ce type de phénomènes dans le Nord. Les observations faites depuis un certain nombre d'années montrent que plus aucune région n'est préservée de ces épisodes intenses. Il y a quelques semaines, c'était Beauvais. Maintenant, c'est l'Alsace, l'Allemagne, la Belgique. On a toujours eu des phénomènes de ruissellement ou d'inondation importants. C'est la période et la fréquence qui sont peut-être en train de changer et de monter.

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