Ouragan Irma : hébergements d'urgence, médicaments, tronçonneuses... Des renforts de métropole viennent en aide aux sinistrés

Leur avion a décollé à 23 heures d'Orly, près de Paris, mercredi soir : 160 secours ont été envoyés par la métropole pour venir en aide aux sinistrés de l'ouragan Irma. Ils installeront leur centre opérationnel en Guadeloupe.

Un hôpital de campagne installé par les militaires de la sécurité civile en Haïti, en janvier 2010. Image d\'illustration.
Un hôpital de campagne installé par les militaires de la sécurité civile en Haïti, en janvier 2010. Image d'illustration. (JULIEN TACK / AFP)

Un avion de la sécurité civile, parti de métropole, arrive jeudi 7 septembre à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, pour venir en aide à la population victime de l'ouragan Irma. À bord : 60 militaires de la sécurité civile, 60 sapeurs-pompiers d'Ile-de-France, 18 personnels de la Croix-Rouge, 20 médicaux.

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Ils accompagnent la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, et vont servir de "hub" logistique, ou centre opérationnel, en Guadeloupe, à deux heures de vol des îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy où la situation est particulièrement préoccupante. L'avion a décollé à 23 heures d'Orly, près de Paris, mercredi. 

Une équipe de secours a décollé d'Orly pour venir en aide aux victimes de l'ouragan Irma : le reportage de Farida Nouar
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Devant le comptoir d'enregistrement 50, pour Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, les équipes de secours se donnent les dernières consignes. Pour les 17 bénévoles de la Croix-Rouge, la mission sur zone, est de monter et de gérer des lieux d'accueils pour les sinistrés et, surtout, réconforter la population qui a vécu l'enfer sur terre.

"Lorsque des personnes restent confinées pendant 24-48 heures, la situation est relativement angoissante, elles ont besoin de s'exprimer et de parler avec son entourage, explique Stéphane Cazatti, le responsable des opérations à la Croix-Rouge. On est dans une situation de 'black-out'."

On a le matériel nécessaire pour ouvrir des centres d'hébergement d'urgence, à savoir des lits, des duvets et de quoi recréer des structures familiales dans des gymnases ou dans des zones qui permettent d'accueillir le public à ce moment-là.Stéphane Cazatti, responsable opérations à la Croix-Rougeà franceinfo

À quelques heures du décollage, personne ne connaît l'ampleur des dégâts à Saint-Barthélemy, mais les images d'inondations et de paysages dévastés sur les réseaux sociaux prédisent le pire. À Saint-Martin, 95% de la partie française de l'île est détruite et 60 à 70% des habitations sont dévastées. L'inconnue concerne aussi le bilan humain. Pour l'instant, les autorités ont fait état de six morts et deux blessés graves. 

Tout a été préparé dans l'urgence

Dans l'avion de la sécurité civile, il y a également 60 sapeurs-pompiers venus d'Île-de-France et leurs six tonnes de matériel. Tout a été préparé dans l'urgence. "On emmène du matériel d'épuisement -des motopompes- et beaucoup de matériel de protection -du bâchage- pour pouvoir protéger des bâtiments ou reconstruire des toits, détaille le lieutenant-colonel Grosjean, chef du détachement d'Île-de-France. Mais, on ne connaît pas exactement les missions qu'on va nous donner parce qu'on est parti très précocement."

D'habitude, on attend un petit peu que le cyclone soit passé. Donc, cela va s'organiser pendant le voyage.Lieutenant-colonel Grosjean (sapeurs-pompiers)à franceinfo

Sur place, des vents puissants ont tout couché sur leur passage. Les 72 militaires de la sécurité civile embarquent avec eux du matériel de tronçonnage pour "ouvrir la route", indique le lieutenant-colonel David Guenanten. On s'attend à trouver un milieu totalement déstructuré, c'est-à-dire des infrastructures inopérantes, des voies de circulation, au mieux totalement barrées par un enchevêtrement de gravas et d'arbres, au pire en partie effondrées pour les endroits qui ont énormément soufferts avec l'eau."

On s'attend à trouver un chemin catastrophique.Lieutenant-colonel David Guenanten (sécurité civile)à franceinfo

À bord, il y a aussi une dizaine de réservistes médicaux avec, dans leurs trousses, du matériel de déchoquage et des médicaments. Ces secours viennent renforcer ceux qui sont déjà sur place, soit environ 350 personnes. Une frégate militaire est également prête à partir vers Saint-Martin et Saint-Barthélemy. D'autres renforts pourraient venir de Guyane et de Martinique.