"L'Affaire du siècle" : "Ce n'est pas une pétition contre notre gouvernement", affirme Brune Poirson

La secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire se félicite d'une telle mobilisation en faveur du climat et y voit un signe qui "aide" et "renforce" l'action du gouvernement.

Brune Poirson, secrétaire d\'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, le 5 décembre 2018, à Paris.
Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, le 5 décembre 2018, à Paris. (LUDOVIC MARIN)

La pétition "L'Affaire du siècle" contre le réchauffement climatique, lancée par quatre associations, réuni déjà près de 1,8 millions de signatures. "Moi je pense que c'est une très bonne chose que les Français se mobilisent en faveur du climat", a réagi mercredi 26 décembre sur franceinfo, Brune Poirson, la secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

franceinfo : Est-ce que vous y voyez un bon signe ?

Brune Poirson : Je pense que c'est une très bonne chose, et il n'y aura jamais assez de monde qui se mobilisera en faveur du climat, parce qu'il y a urgence. C'est donc une bonne chose, qui nous aide et nous renforce dans notre action en faveur du climat aussi bien au niveau national qu'au niveau international. Ce n'est pas une pétition contre spécifiquement notre gouvernement, mais bien contre des années et des années d'inaction. Maintenant, ce qu'il faut que nous fassions c'est que nous transformions toute cette énergie-là en action concrète.

Quelles actions concrètes, justement, allez-vous mettre en place ?

Malheureusement, les conséquences du changement climatique se font de plus en plus sentir. Les états ont fait tout ce qu'il y avait de plus facile à faire en matière de politique environnementale et donc on voit qu'on rentre dans le dur. Il faut changer un certain nombre d'équilibres, notamment les équilibres fiscaux. C'est une des choses que nous ont demandé les "gilets jaunes". On sait qu'une des bonnes réponses c'est la taxe carbone. La question c'est comment on peut aller le plus rapidement possible. D'un côté il y a cette pétition, d'un autre côté nous avons eu des mouvements sociaux par exemple, dans des centrales à charbon que l'État va fermer. Nous avons fait des choix qui sont forts, mais nous devons gérer un certain nombre de contradictions.

Après une pétition similaire, la justice a condamné les Pays-Bas, pensez-vous que cela puisse arriver en France ?

Ce n'est pas à moi de préjuger de ce que va dire la justice. En revanche, une chose qui me semblerait essentielle, c'est que de la même façon que la France s'est inspirée de la Hollande, il faudrait que d'autres pays européens et dans le monde aient des initiatives similaires parce que ça permettrait à un collectif d'états d'avoir "la pression", parce que si la France est seule à prendre des mesures drastiques en faveur de la lutte contre le changement climatique, ça pourrait à terme pénaliser notre économie. Une chose est sûre, c'est que nous savons qu'il faut que nous changions en profondeur de modèle économique.