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Démission de Nicolas Hulot : "C'est un ami, je le connais depuis très longtemps et j'ai été surpris par sa déclaration"

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Radio France

"Nicolas Hulot, c'est un phare de l'écologie et c'est aussi une digue qui s'est un peu fissurée et on se sent tout à coup démuni", réagit l'explorateur et figure de la défense de l'environnement Jean-Louis Étienne. 

"Nicolas Hulot est un ami, je le connais depuis très longtemps et j'ai été, comme tout le monde, surpris par sa déclaration, l'émotion et la gravité de ses mots", a déclaré mardi 28 août sur franceinfo Jean-Louis Étienne. L'explorateur et figure de la défense de l'environnement réagissait à la démission de Nicolas Hulot.

franceinfo : Quel est votre sentiment après la démission de Nicolas Hulot ?

Jean-Louis Étienne : Nicolas Hulot est un ami, je le connais depuis très longtemps et j'ai été, comme tout le monde, surpris par sa déclaration, l'émotion et la gravité de ses mots. Nicolas Hulot, c'est un phare de l'écologie et c'est aussi une digue. C'est-à-dire qu'il nous montre le chemin, il donne l'impression d'être fort, qu'il pouvait supporter toutes les attaques mais la digue s'est un peu fissurée et donc on se sent tout à coup démuni face à cette personnalité forte de l'écologie. Ça m'a sonné. Ce qui m'a sonné aussi c'est la gravité, à un moment donné, il a fait une pause et tout à coup il annonce ça. Il a des multiples raisons - qu'il a évoquées - dont la solitude. Mais la solitude elle n'est pas que de la part du gouvernement, il a également énoncé les difficultés de mettre en œuvre les choses, mais pas forcément pour des raisons politiques.

On se souvient de cet appel à la mobilisation, au cœur de l'été, lancé comme une bouteille à la mer que lancent les amoureux de la planète depuis des années et qui finit dans le désert...

Je l'ai vu il n'y a pas très longtemps et il me disait que c'était extrêmement compliqué, qu'on ne voulait pas du nucléaire ni du charbon, qu'il proposait des éoliennes en mer - c'est extrêmement difficile de faire une ferme à éoliennes en mer - donc ce n'est pas que le gouvernement, c'est aussi la population qui a fait un peu défaut. Il y a des bonnes intentions, tout le monde veut que le monde soit parfait mais je dis à chacun "soyez efficace sur votre zone d'influence", tout le monde doit s'y mettre à son niveau.

Est-ce que selon vous ce départ de Nicolas Hulot va servir de déclic dans la société ou est-ce qu'au contraire vous vous dites que si même lui n'a pas su aller plus loin, personne ne pourra le faire ?

Quand on regarde la vie politique française, des ministres de l'Environnement, ça fait longtemps qu'il y en a. Il y a eu des démissions, ça a été difficile, parce que concilier l'environnement et l'économie, c'est quelque chose de complexe. Nicolas Hulot a dit mardi matin que quand on entrait dans le bureau du Premier ministre, sur sa table il y avait des multiples dossiers qui concernent le chômage, la santé, des choses à traiter dans l'instant et la vision lointaine est difficile. Je pense qu'il y a aussi peut-être une lassitude. Nicolas Hulot est au front depuis de nombreuses années. Il a dit "je suis un passeur" et je pense que, dans cette passion de passeur, il est bon et il a une légitimité totale, il a l'opinion publique avec lui et donc on voit bien qu'il a une puissance. Maintenant qu'il ne sera plus au gouvernement, peut-être qu'il aura une liberté de choix et de mots beaucoup plus percutants pour défendre les choses.

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