Nicolas Hulot "ne prenait pas de plaisir dans son rôle de ministre", selon son ancien secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu

Le ministre de la Transition écologique a annoncé sa démission lors d'un entretien sur France Inter, mardi matin.

Nicolas Hulot et Emmanuel Macron lors d\'une rencontre avec des ONG à l\'Elysée, à Paris, le 5 septembre 2017.
Nicolas Hulot et Emmanuel Macron lors d'une rencontre avec des ONG à l'Elysée, à Paris, le 5 septembre 2017. (AFP)
Ce qu'il faut savoir

Emmanuel Macron a réagi à la démission surprise de Nicolas Hulot, mardi 28 août, en marge de sa visite d'Etat au Danemark. "Si j'ai choisi Nicolas Hulot, c'est entre autres parce que c'est un homme libre, et je respecte sa liberté, a déclaré le chef de l'Etat. Je souhaite pouvoir toujours compter sur son engagement, sous une autre forme, et je respecte sa décision." 

>> Comment Nicolas Hulot justifie sa démission du gouvernement

Une annonce surprise. Le ministre de la Transition écologique a expliqué ne pas avoir prévenu le président de la République ni le Premier ministre de sa démission. Pas même "sa propre épouse", assure-t-il. "Ce n'est pas très protocolaire", a-t-il concédé. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a, lui, regretté "un manque de courtoisie".

Il peut être "fier de son bilan", assure l'Elysée. "En 14 mois, le bilan de ce gouvernement en matière d'environnement est le meilleur depuis de nombreuses années", assure l'entourage du président Emmanuel Macron. Après cette démission, "la détermination reste totale pour poursuivre dans la même direction et avec le même niveau d'ambition". "Il y aura un remaniement, mais pas dans l'immédiat", précise l'Elysée.

 Nicolas Hulot juge n'avoir "pas réussi à convaincre". "On ne se donne pas les moyens de nos objectifs, a-t-il déclaré, dénonçant la politique environnementale menée par l'exécutifLe nucléaire, cette folie inutile dans laquelle on s'entête. Là aussi, je n'ai pas réussi à convaincre." Selon l'écologiste, "la remise en cause d'un modèle agricole dominant n'est pas là, c'est toujours la recherche de la croissance à tout crin." Il a expliqué ne pas s'être senti soutenu : "Je ne pars pas par manque d'énergie." "Ne me voyez aucune ambition politique, a-t-il assuré sur France Inter. C'est terminé."

 Edouard Philippe a "remercié" son ancien ministre. Le Premier ministre a souligné le travail "important" mené par Nicolas Hulot au gouvernement et annoncé qu'il ferait "dans les prochains jours" des suggestions à Emmanuel Macron pour le remplacer.

 Les chasseurs se réjouissent de sa démission. Nicolas Hulot a assuré que la présence d'un lobbyiste, ancien conseiller d'Emmanuel Macron, lors d'une réunion de la réforme de la chasse, a peut-être "achevé de [le] convaincre" de quitter le gouvernement. "Il a passé trente ans de sa vie à taper sur le monde rural, le monde de la chasse, de la pêche, réagit pour franceinfo Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs. En ce qui me concerne, très honnêtement, ça n'est pas la plus mauvaise nouvelle de la semaine."

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #HULOT

23h47 : "Il n'y a pas au niveau de la France, ni au niveau européen, une véritable dynamique de lutte contre le réchauffement climatique."

Sur franceinfo, l'ancien vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat dit être "déçu" de la démission de Nicolas Hulot. Il regrette qu'il y ait "toujours une priorité qui dépasse celle de la lutte contre le réchauffement climatique".

22h43 : Une dernière lecture avant de filer au lit ? Ne passez pas à côté de nos principaux articles sur la démission de Nicolas Hulot.

• Notre récit de la réunion avec des chasseurs, hier, à l'Elysée, qui a précipité le départ du ministre.


• Notre récapitulatif des divers renoncements encaissés par Nicolas Hulot au sein du gouvernement

• Et, bien sûr, la version intégrale de l'interview durant laquelle le ministre a annoncé sa décision

21h24 : "Nous sommes confrontés, on le voit aujourd'hui, à une urgence environnementale et climatique."

Quelques heures après la démission de Nicolas Hulot, le patron du Medef a appelé "la sphère privée" à être à "l'initiative". "Un tiers des consommateurs choisit désormais ses marques en fonction de leur impact environnemental ou social, a-t-il dit en ouverture de l'université d'été de son organisation. Ils attendent des entreprises qu'elles soient des acteurs du changement sociétal."

20h23 : Pas de remaniement pour le moment. Cela montre bien l'importance de l'écologie dans ce gouvernement. Se passerait-il d'un ministère de l'Intérieur sans ministre à sa tête pendant plusieurs jours ?

20h22 : Petit message a l’attention de M. Hulot. Je déplore votre départ du gouvernement, mais je comprends votre geste. Il est la résultante d’une politique en inadéquation avec vos convictions. Cette démission démontre que vous restez fidèle à vos valeurs. Présentez-vous aux prochaines élections présidentielles 2022, je voterai pour vous.

20h18 : Comment ne pas regretter un honnête homme ? Décidément, monsieur Hulot nous fait encore vivre une séquence émotion !!!

20h13 : Après sa démission, Nicolas Hulot s'offre un gain de popularité, avec 62% de bonnes opinions, selon notre sondage. Il est perçu comme un homme de "convictions profondes" (76%), qualifié de "courageux" (63%).

20h10 : 65% des Français interrogés dans la journée par Odoxa-Dentsu Consulting estiment que le départ de Nicolas Hulot du gouvernement est une mauvaise nouvelle pour l'exécutif.

20h11 : Selon un sondage réalisé pour franceinfo et Le Figaro, 55% des Français regrettent la démission de Nicolas Hulot.

19h51 : "Tout le monde n'est pas fait pour la dureté de ce poste. Moi j'aurais tenu trois minutes à sa place. Il y a trop de compromis à faire."

Dans un entretien au Parisien, Daniel Cohn-Bendit estime que Nicolas Hulot a fait "du bon boulot". Il met sa démission surprise sur le compte de son "impulsivité" et rappelle qu'il avait, en 2007, "renoncé à la surprise générale à se présenter à la présidentielle".

19h45 : C'est le moment où tout a fini de basculer. Notre journaliste Mathilde Goupil vous raconte la réunion avec des chasseurs à laquelle a participé Nicolas Hulot, hier, en fin de journée, à l'Elysée. "Quand on se sépare à la fin de la réunion, j'entends qu'il est un peu grognon", se remémore le lobbyiste pro-chasse Thierry Coste.



(LUDOVIC MARIN / AFP)

19h18 : Sur BFMTV, la secrétaire d'Etat Brune Poirson dit "regretter" la démission de son ministre de tutelle, "quelqu'un qui a un idéal d'absolu", qui "veut toujours accélérer" et qui s'est "confronté à la réalité". Elle dit ne pas être candidate à sa succession.

19h12 : Sur RTL, le secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu dit avoir "vu venir" la démission de son ministre de tutelle, annoncée comme un "cri du cœur" ce matin. Il fait part de la "détermination" inchangée du gouvernement.

19h06 : Qu'a fait Nicolas Hulot après l'annonce de sa démission ? De retour à son ministère, il s'est entretenu avec ses deux secrétaires d'Etat, Sébastien Lecornu et Brune Poirson, pour "leur expliquer sa décision et les remercier", selon une source ministérielle au JDD. Ce sont eux qui seront chargés des affaires courantes en attendant un remplaçant.

18h42 : Il n'y a vraiment personne pour penser que c'est un non-événement et que Hulot était surtout bon en com' et en états d’âme ?

18h41 : L'itw de Nicolas Hulot est une insulte aux milliers d'agents du ministère qu'il était censé représenter et qui se battent quotidiennement pour la transition écologique. Il n'a parlé que des militants, des associations et se plaignait d'être seul. Mais il avait des milliers de fonctionnaires, de contractuels, passionnés par leurs sujets et il a balayé leur travail d'un revers de la main. Sa décision est incompréhensible ou alors force est de constater qu'il n'a jamais pu rentrer dans le costume de ministre d'État.

18h40 : Il n'y aura pas de "nouveau monde" sans une transition écologique qui s'attaque au libéralisme consumériste !

18h40 : Voici une nouvelle sélection de vos réactions à la démission de Nicolas Hulot, que vous appréciez diversement.

18h32 : Depuis des mois, la question de son éventuelle démission du gouvernement était régulièrement posée à Nicolas Hulot. Voici l'évolution de ses réponses en vidéo.




18h33 : "Si je m'en vais, il va y avoir 3 EPR de plus dans les prochaines années."


Le 2 août, depuis la Bretagne, le ministre déplorait en "off" de n'avoir pas rallié l'exécutif à sa cause. "Quand j'obtiens des choses, c'est pour éviter que je me barre, estimait-il. Le problème, c'est qu'ils devraient le faire par conviction."

18h22 : Dans ses confidences estivales à Libération, le ministre de la Transition écologique évoquait déjà son "putain de dilemme", qui l'empêchait "parfois" de dormir : "Soit je m'en vais et ce sera bien pire, soit je reste et il n'y aura pas le grand soir."

18h24 : Libération publie le contenu de confidences faites par Nicolas Hulot à une journaliste début août. "Si je m'en vais, je dirai les choses, prédisait alors le ministre. Et quinze jours après, on aura oublié, on sera passé à autre chose. Et ça consacrera une forme de défaite pour moi et pour l'écologie."

18h14 : Pour analyser la démission de Nicolas Hulot du gouvernement, l'émission de France 5 "C dans l'air" consacre son numéro du jour à la fin de son aventure ministérielle. Vous pouvez la regarder dans notre direct.

18h02 : C'est la grande question, cher @anonyme. "Il y aura un remaniement, mais pas dans l'immédiat", a affirmé l'Elysée, dans un communiqué. "J'aurai l'occasion, dans les jours qui viennent, de faire des propositions au président de la République pour lui proposer des suggestions sur la composition du gouvernement", a affirmé de son côté Edouard Philippe.

17h53 : Qui va remplacer Hulot ?

17h40 : "Nicolas Hulot est quelqu'un qui apportait à ce gouvernement son expérience, sa sensibilité, et moi, à titre personnel, je regrette ce départ."

Interrogé par franceinfo, Gérard Collomb a réagi à la démission de Nicolas Hulot. "C'est quelqu'un pour qui j'ai de l'estime", a-t-il affirmé.


17h28 : Bonjour Franceinfo. J'étais jusqu'à aujourd'hui "un Marcheur". La décision de Monsieur Hulot m'a fait prendre conscience que je devais quitter le navire ! Je vous transmets le message que je viens d'envoyer à En Marche !




"Bonjour, Les quelques espérances qu'il me restait envers ce gouvernement et notre président ont aujourd'hui disparu ! Qu'est donc devenu En Marche ? Je ne me reconnais plus dans ce mouvement pour lequel j'ai voté aux présidentielles et aux législatives... Je ne peux que soutenir la décision de Monsieur Hulot, pour qui j'ai un profond respect ! Je fus des vôtres, j'étais En Marche ! Il était possible de changer réellement la politique ! Aujourd'hui, je n'y crois plus et je suis loin d'être le seul marcheur "à l'arrêt" !"

17h27 : Quoi qu'en disent les élus, il n'était malheureusement qu'un faire-valoir, une sorte de caution, pour les politiques comme Macron. La preuve est qu'il n'a jamais été écouté. Quelle tristesse.

17h26 : Nicolas Hulot a raison, nous devons tous être conscients et faire un maximum pour la planète. Il est là pour nous ouvrir les yeux !

17h26 : On ne peut plus attendre et pratiquer seulement la politique du petit pas ! Il faut de vraies mesures. Passons-nous des influenceurs. La planète ne peut plus attendre !

17h27 : Le poids des lobbys est beaucoup trop fort ! Pesticides, chasses... Nicolas Hulot a été empêché !

17h26 : Vous êtes toujours nombreux à réagir à la démission de Nicolas Hulot. @anonyme nous explique même avoir rendu sa carte à La République en marche.

17h20 : Glyphosate, nucléaire, perturbateurs endocriniens... Sur de nombreux dossiers, Nicolas Hulot a été contraint de renoncer. Nous vous résumons les multiples couleuvres qu'a dû avaler le désormais ex-ministre de la Transition écologique pendant ses 15 mois au gouvernement.




(JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

16h35 : Rappelons que Brigitte Bardot avait déjà eu des mots très durs pour Nicolas Hulot. Il y a deux semaines, elle l'avait traité de "trouillard" et de "lâche". "Je ne supporte plus les démagos de tout poil !", avait réagi Nicolas Hulot.




(FRANCOIS LENOIR / REUTERS)

16h30 : "Macron devrait prendre exemple sur Hulot."

C'est au tour de Brigitte Bardot de prendre la parole après la démission de Nicolas Hulot. "Il était incapable de faire quoi que ce soit. Il n'avait ni la possibilité, ni le courage, ni la force de faire quelque chose", affirme-t-elle dans Le Figaro.

16h02 : Thierry Coste compte parmi les proches du président. "C'est quelqu'un dont j'écoute toujours les conseils", admettait Emmanuel Macron lui-même pendant sa campagne. De son côté, Thierry Coste jure échanger des SMS "jusqu'à très tard" avec l'actuel président.

16h03 : Il se définit comme le "Machiavel de la ruralité". SI vous ne connaissez pas le lobbyiste des chasseurs Thierry Coste, qui a précipité le départ de Nicolas Hulot, nous avons brossé son portrait.




(YANN CASTANIER / AFP)

15h53 : La démission du ministre de la Transition écologique est vue comme un signal de mauvais augure pour les associations écologistes. Elles m'ont raconté leurs inquiétudes en matière de nucléaire, de biodiversité ou d'alimentation.




(JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

15h38 : "Je comprends presque la déroute de Nicolas Hulot, qui a quitté le pays des Bisounours pour entrer dans la cage aux lions."

15h36 : "Je n'ai pas été surprise, je sentais chez ce garçon une fragilité psychologique et un malaise, un mal-être dans sa fonction."

C'est au tour de Roselyne Bachelot de réagir à la démission de Nicolas Hulot. Interrogée par franceinfo, l'ancienne ministre de l'Ecologie et du développement durable a eu des mots assez durs : "il ne paraissait pas avoir les nerfs pour être ministre. On sentait chez lui cette inappétence pour la fonction qu'il exerçait, il semblait tellement triste".

15h27 : Voici la réaction d'Emmanuel Macron en intégralité après la démission de Nicolas Hulot.

(FRANCEINFO)

15h26 : "Je pense qu'en quinze mois, ce gouvernement a fait plus qu'aucun autre sur la même période sur le sujet", affirme Emmanuel Macron, défendant le bilan de l'exécutif en matière d'écologie.

15h22 : "Si j'ai choisi Nicolas Hulot, il y a quinze mois, c'est parce que c'est un homme libre. Je respecte sa liberté."

15h21 : "C'est une décision personnelle qu'il a prise ce matin."