Un glacier autrichien détruit à la pelleteuse pour les besoins d'un domaine skiable

Des photos, prises fin août par l'ONG WWF, montrent des pelleteuses en action à 3 000 mètres d'altitude.

Des pelleteuses sur le glacier du Pitzal, le 27 août 2019 en Autriche.
Des pelleteuses sur le glacier du Pitzal, le 27 août 2019 en Autriche. (VINCENT SUFIYAN / WWF)

EDIT. Une première version de cet article faisait le lien entre les travaux effectués et le projet d'extension et était titrée abusivement "Un glacier autrichien détruit à la pelleteuse pour agrandir un domaine skiable". La société de la station de ski a publié un droit de réponse et nous avons corrigé notre article en conséquence.

Des pelleteuses pour réduire à néant tout un pan de glacier. Dans un contexte où les glaciers européens fondent à vue d'œil, ces clichés pris par l'ONG WWF fin août paraissent à peine réels. Comme le raconte Montagnes Magazine, jeudi 19 septembre, elles ont été prises sur le glacier du Pitztal, situé à 3 000 mètres d'altitude, dans les Alpes autrichiennes. L'objectif est de façonner les pentes et combler les crevasses avant la nouvelle saison de ski. Des travaux réalisés chaque année, s'est défendue la station, en publiant un cliché du glacier après ces travaux.

Le glacier du Pitztal, sur une photo prise après les travaux.
Le glacier du Pitztal, sur une photo prise après les travaux. (PITZTAL)

"A l'image de la destruction de la forêt amazonienne"

Mais WWF est inquiète. Un projet de fusion des glaciers Pitztal-Ötztal et de leurs domaines skiables est en cours, précise le magazine. S'il est validé par les autorités autrichiennes, il aboutira au nivellement d'une surface du glacier d'environ 64 hectares. Cet aménagement ne mettrait pas simplement en péril le glacier du Pitztal et son écosystème : c'est tout l'approvisionnement en eau des vallées qui sera menacé.

Interrogé par Montagnes Magazine, le glaciologue Sylvain Coutterand se désole des travaux effectués et de ceux envisagés : "C'est à l'image de la destruction de la forêt amazonienne. Nous allons droit dans le mur, et allons le payer. L’homme ne tire pas les leçons du passé. Les stations se créent des contraintes économiques, qui passent bien avant l'écologie".