Australie : des chercheurs lancent un programme d'élevage de larves de coraux pour sauver la Grande Barrière

La Grande Barrière de corail, le plus vaste ensemble corallien du monde, a récemment subi des épisodes sans précédent de blanchissement de ses coraux à cause du réchauffement climatique. 

La Grande Barrière de Corail, au large de l\'Etat du Queensland (Australie), en avril 2018. 
La Grande Barrière de Corail, au large de l'Etat du Queensland (Australie), en avril 2018.  (STRINGER / IMAGINECHINA / AFP)
#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Il s'agit, à ce stade, de la plus grande tentative de réhabilitation de la Grande Barrière de corail. Des chercheurs australiens ont annoncé, mercredi 28 novembre, le lancement d'un programme inédit d'élévages de larves de coraux visant à récolter des ovules et du sperme de ces animaux, qui seront élevés puis réintroduits dans certaines zones particulièrement touchées de ce joyau australien. 

La Grande Barrière de corail s'étend sur environ 345 000 km2, le long de la côte est de l'Australie. Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 1981, elle a récemment subi, en raison du réchauffement climatique,  quatre épisodes graves de blanchissement : en 1998, en 2002, en 2016 et en 2017. Ses récifs sont également menacés par l'acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux, et par les activités industrielles ou agricoles.

Le blanchissement des coraux est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l'eau, qui entraîne l'expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Les récifs peuvent s'en remettre si l'eau refroidit, mais ils peuvent aussi mourir si le phénomène persiste.

Entre 48 et 72 heures pour agir

"C'est la première fois que l'ensemble du processus d'élevage larvaire et de réintroduction sera conduit sur les récifs de la Grande Barrière de corail", a déclaré dans un communiqué Peter Harrison, de la Southern Cross University, dans l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud. 

Nos équipes vont restaurer des centaines de mètres carrés avec l'objectif d'atteindre des kilomètres carrés à l'avenir, ce qui est une échelle qui n'avait jamais été atteinte.Le chercheur Peter Harrisondans un communiqué

Le lancement du "Projet de restauration larvaire" coïncide avec la période annuelle de reproduction des coraux sur les récifs, qui débutera dans les prochains jours et ne dure que 48 à 72 heures. L'idée est donc de collecter ovules et sperme de corail au moment de leur émission, puis d'élever les larves récoltées pour les relâcher sur les récifs endommagés.