"Arrêtez de taper sur l'avion" : 93 parlementaires prennent la défense des vols domestiques

Dans une tribune publiée par "Le Journal du dimanche", ces élus de divers bords politiques s’insurgent contre des initiatives de députés qui visent à taxer le transport aérien.

Un Airbus A330 sur le tarmac de l\'aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis), le 21 juin 2019.
Un Airbus A330 sur le tarmac de l'aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis), le 21 juin 2019. (NICOLAS ECONOMOU / NURPHOTO)

Ils sont députés ou sénateurs, de gauche, de droite, du centre ou de la majorité et ils demandent qu'on "arrête de taper sur les avions". Dans une tribune publiée dans les colonnes dans l'édition du 23 juin du Journal du dimanche, 93 parlementaires de divers bords politiques prennent la défense de ce mode de transport qu'ils considèrent comme "une nécessité vitale" pour certains territoires "éloignés des métropoles".

Certains de nos territoires sont victimes d'un enclavement qui handicape leur développement. Les lignes aériennes interrégionales, en particulier celles qui les relient à Paris, sont souvent le seul moyen de leur éviter un isolement mortifère, faute de dessertes routières et ferroviaires adaptées à notre époque.Les signataires de la tribunedans "Le Journal du dimanche"

La petite centaine de signataires s'insurge contre des initiatives de députés de gauche et de la majorité qui avaient tenté (en vain) de faire adopter des mesures visant à taxer le transport aérien durant l'examen du projet de loi sur les mobilités, approuvé par l'Assemblée nationale mardi en première lecture. Après son examen au Sénat, le texte devra faire l'objet courant juillet d'une tentative de conciliation entre les deux chambres en vue d'adopter une version commune.

"Nous ne sommes les représentants d'aucun lobby"

"Honte de prendre l'avion ('flygskam'), amendement à la loi d'orientation des mobilités prévoyant d'augmenter la taxe sur le kérosène et le taux de TVA sur les billets d'avion, proposition de loi visant à interdire les vols domestiques lorsqu'il est possible de prendre le train avec un temps supplémentaire de deux heures et demie ou moins... Ces dernières semaines, nous assistons, interloqués, à une multiplication des attaques contre l'avion", affirment les parlementaires dans cette tribune.

Les élus à l'origine du texte assurent n'être "les représentants d'aucun lobby". Ils disent aussi "avoir conscience de l'importance de changer nos modes de transport et de consommation pour lutter contre le réchauffement climatique". Mais eux veulent privilégier "l'écologie incitative plutôt que punitive". Les députés et sénateurs suggèrent plutôt d'aider le secteur aérien "à adopter une stratégie bas carbone en développant la recherche sur l'hydrogène et le biokérosène". "C'est précisément à ces fins qu'une mission d'information parlementaire sur le transport aérien et l'aménagement des territoires a été lancée en mai dernier", soulignent-ils en conclusion.