À Lyon, la décision de la métropole d'interdire à terme les véhicules classés Crit'Air 2 divise les élus

La mesure suscite de vifs débats au sein de la métropole. Pour les écologistes, c'est une manière d'améliorer la qualité de l'air alors que les Républicains dénoncent une attaque contre le pouvoir d'achat. 

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Radio France
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La métropole sa deuxième phase de développement des ZFE.  (JO?L PHILIPPON / MAXPPP)

Les zones à faibles émissions (ZFE), dont sont exclues les véhicules les plus polluants, existent dans une dizaine de pays en Europe mais en France on les découvre quasiment et elles animent largement les débats dans les métropoles. Lyon en est déjà à sa deuxième phase de développement. La métropole, guidée par les écologistes, va même plus loin que ce qu'impose la loi en interdisant à terme les Crit'Air 2, c'est-à-dire les Diesel. La disposition a été votée lundi 26 septembre au Conseil de la Métropole. Mais la question du calendrier et de la mise en place suscite beaucoup de débats.

En la matière, on juge soit que les écologistes vont trop vite, soit qu'ils vont trop lentement car la mesure va s'appliquer à partir de 2026 dans Lyon Centre ainsi que les communes alentours et dès 2025 pour la partie la plus centrale. "Il ne faut pas non plus qu'on se prenne un mur et qu'on échoue et que, du coup, on n'améliore pas la qualité de l'air", justifie Jean-Charles Kohlhaas, vice-président écologiste de la métropole en charge des déplacements. 

Des aides à la conversion pour 70% des foyers 

"On a à peu près 700 000 véhicules concernés aujourd'hui, dont la moitié nécessiterait d'être changés. On a un système d'aide pour accompagner les gens à changer pour un véhicule plus propre. On a aussi un système de dérogation pour ceux qu'on appelle des 'petits rouleurs'. Donc il faut prendre en compte aussi les enjeux sociaux et économiques de ces mesures-là", expose l'élu. 

Ces enjeux ne sont pas suffisamment pris en compte, critiquent les élus de droite, qui viennent justement de rebaptiser leur groupe "La Métro positive", en opposition à une politique qu'ils jugent punitive. "On a une mesure qui est extrêmement idéologique, extrêmement violente et encore une fois, qui va mettre à mal le pouvoir d'achat des habitants de la métropole", affirme Alexandre Vincent, conseiller métropolitain des Républicains. "Le vrai sujet, c'est quoi? C'est qu'on explique notamment aux personnes, qui ont des faibles revenus ou des revenus modestes, que dans les cinq ou six ans qui viennent, leur voiture, elle va à la poubelle, tout simplement !" Des aides seront apportées à 70% des foyers, rétorque la métropole écologiste.

Du matériel qui tarde pour faire respecter la ZFE 

Maintenant, comment faire appliquer la zone à faibles émissions (ZFE) et l'interdiction d'accès aux véhicules les plus polluants ? Là aussi, il faudra un peu de temps. Les radars lecteurs de plaques d'immatriculation débarquent en 2024. "Oui, on les attend depuis longtemps ! Là aussi, l'État est un peu en retard. Mais ils nous l'ont promis pour que début 2024. Pour qu'on puisse contrôler et sanctionner effectivement la ZFE comme le reste. Dès 2023, il y aura des contrôles physiques par les polices nationale et municipale à Lyon."

La métropole insiste sur le fait que la France est déjà très en retard par rapport au reste de l'Europe. Onze zones à faibles émissions existent désormais dans l'Hexagone.

À Lyon, la décision de la métropole d'interdire à terme les véhicules classés Crit'Air 2 divise les élus - le reportage de Mathilde Imberty
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