Simple prévention, aide aux personnes âgées, cellule de crise... Que prévoit le plan national canicule ?

Mis en place depuis 2003, il compte quatre niveaux d'alerte. Franceinfo vous détaille son fonctionnement.

Un adolescent plonge dans la Méditerranée, le 27 juin 2017 à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Un adolescent plonge dans la Méditerranée, le 27 juin 2017 à Marseille (Bouches-du-Rhône). (JEAN-PAUL PELISSIER / REUTERS)

C'est le principal outil des autorités en période de fortes chaleurs. Le plan national canicule va être activé à Paris et dans d'autres villes de France alors qu'une vague de chaleur est attendue à partir du lundi 24 juin sur l'ensemble du pays – le mercure va grimper jusqu'à 40 °C en journée et ne redescendra pas sous les 25 °C à la nuit tombée. Mis en place après la canicule de 2003 et ses 15 000 morts, le plan se décompose en quatre niveaux d'alertes, comme le détaille le ministère de la Santé sur son site.

>> Racontez-nous comment vous vous préparez à affronter la canicule

Le niveau 1, la "veille saisonnière"

Il est activé "automatiquement du 1er juin au 31 août" tous les ans. Il consiste à vérifier les dispositifs opérationnels, mettre en place une surveillance météorologique et sanitaire et à ouvrir la plateforme téléphonique nationale de conseils (0 800 06 66 66). "Il a pour mission, soit de diffuser des messages préenregistrés, soit de répondre aux questions des appelants et de faire connaître les recommandations et la conduite à tenir en cas de fortes chaleurs", précise le texte de 2017 du plan canicule.

Le niveau 2, l'"avertissement chaleur"

Il s'agit en fait d'une "phase de veille renforcée" permettant aux services concernés de préparer la mise en place du niveau 3 "alerte canicule" et de renforcer les actions de communication locales et ciblées mises en place au niveau 1. Cette communication peut inclure, "outre le renforcement de la diffusion des dépliants et affiches, la mise en œuvre d’actions de relations presse ciblées"Au niveau national, "un point téléphonique de coordination entre Météo France, Santé publique France et la direction générale de la santé peut être organisé et les mesures de communication peuvent être renforcées".

Le niveau 3, l'"alerte canicule"

C'est ce niveau qui va être activé à Paris et il correspond à une vigilance orange de Météo France. Dans les grandes lignes, il prévoit des "actions de prévention et de gestion" : de la communication pour rappeler les gestes de prévention ("hydratation, mise à l'abri de la chaleur"), des "plans bleus" dans les établissements accueillant des personnes âgées ou handicapées, une mobilisation de la permanence des soins ambulatoires, une aide aux personnes âgées et handicapées isolées inscrites sur les registres communaux, des mesures pour les personnes sans abri... Les agences régionales de santé (ARS) sont aussi tenues de faire un point quotidien sur les capacités hospitalières et "toute difficulté rencontrée".

Chaque préfet interprète ces directives dans le cadre de son plan de gestion de canicule départemental, la déclinaison locale du plan national canicule. A Paris, le plan prévoit par exemple la mise en place d'un réseau de "lieux frais" : la mairie a ainsi identifié 922 "lieux frais" (218 sont accessibles la nuit). Il peut s'agir d'espaces verts (jardins, parcs, cimetières), de piscines, d'églises, de musées et autres espaces ouverts au public. 

Le niveau 4, la "mobilisation maximale"

Il est enclenché en cas d'alerte rouge de Météo France. Sur son site, le ministère de la Santé indique que des "mesures exceptionnelles" doivent être prises et que la cellule interministérielle de crise doit être activée, sans donner beaucoup plus de détails. Et pour cause : comme l'explique Santé publique France, ce niveau, qui "aurait par exemple correspondu à la canicule d’août 2003", n'a jamais été activé.

Le plan canicule 2017 évoque à ce stade la possible désignation d'un ministre dédiée à "la conduite opérationnelle de la crise" ou encore "la mobilisation de la réserve sanitaire par exemple pour renforcer les structures de soins ou médico-sociales déjà surchargées" : il s'agit de professionnels de santé, précise Santé publique France, "mobilisables à tout moment par le ministère de la Santé ou les agences régionales de santé".