Climat : les cinq dernières années devraient être les plus chaudes jamais enregistrées, prévient l'ONU

La température moyenne pour la période 2015-2019 devrait être plus élevée de 1,1 °C par rapport à la période 1850-1900, selon l'Organisation météorologique mondiale. 

Un champ de tournesols victime de a sécheresse, le 13 septembre 2019, à Valence (Drôme).
Un champ de tournesols victime de a sécheresse, le 13 septembre 2019, à Valence (Drôme). (NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / AFP)

Un triste record. Les cinq années 2015 à 2019 devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, après un été 2019 caniculaire, a rapporté dimanche 22 septembre l'ONU, à la veille d'un sommet sur le climat en présence d'une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York. La température moyenne pour cette période devrait être plus élevée de 1,1 °C par rapport à la période 1850-1900, indique ce rapport publié par l'Organisation météorologique mondiale et qui fournit l'état des lieux le plus actuel sur le climat de la Terre.

Les dernières données confirment la tendance des quatre années précédentes, qui étaient déjà les plus chaudes jamais enregistrées, c'est-à-dire depuis 1850. On savait aussi que juillet 2019, marqué par plusieurs canicules, avait battu le record absolu de température. Charbon, pétrole et gaz ont poursuivi leur croissance en 2018. Les émissions de gaz à effet de serre ont encore augmenté et, pour 2019, elles seront "au moins aussi élevées" qu'en 2018, prévoient les scientifiques qui ont planché sur ce rapport.

Il faudrait multiplier les efforts par cinq

La concentration de CO2 dans l'atmosphère devrait atteindre un nouveau pic à la fin de l'année 2019, selon des données préliminaires, soit 410 parties par million. Dans l'état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 °C à 3,4 °C d'ici 2100. Il en ressort que les efforts anti-carbone des pays doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5 °C, comme le prévoit l'accord de Paris de 2015. Ou au minimum par trois pour s'en tenir à +2 °C, la limite maximale stipulée par le texte.

En réalité, le réchauffement réel pourrait être encore plus important, selon des modélisations climatiques plus récentes, comme celle d'une équipe française qui prévoit +7 °C dans un scénario du pire. "Le fossé n'a jamais été aussi grand" entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient le rapport.