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Logement : des critères trop exigeants ?

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France Télévisions

Obtenir un logement relève souvent du parcours du combattant. Si la loi a imposé une limite pour les frais d'agences ou le montant des cautions, les propriétaires réclament toujours de solides références. Salaires, contrat de travail ou caution solidaire.

Fonctionnaire, 27 ans, cette célibataire semble avoir le bon profil pour trouver le studio de ses rêves. Elle gagne 1750 euros net par mois. Elle vit en colocation avec trois personnes dans cet appartement en région parisienne. Une grande cuisine commune et une petite chambre.

Avec mon salaire de prof, c'est tout ce que je peux m'offrir. Une chambre de 12m2 pour 580 euros. Ça ne me convient plus car c'était le type de logement dans lequel je vivais en tant qu'étudiante.

Mais elle ne trouve pas de logement. La plupart des propriétaires réclament des revenus égaux à trois fois le loyer. Nous la suivons en caméra cachée près de Paris lors d'une visite d'un studio proposé à 709 euros par cet agent immobilier.

Sa candidature est rejetée. Son salaire de 1750 euros est jugé insuffisant.

La professeur d'anglais met en avant son statut de fonctionnaire, rien n'y fait.

L'enseignante continue ses recherchers. Et à chaque visite, elle présente comme tous les autres candidats, une interminable liste de documents. Les trois derniers bulletins de salaire, le contrat de travail, un avis d'imposition, les quittances de loyer, une photocopie de la carte d'identité, un RIB et souvent l'attestation Un garant qui à son tour doit aussi fournir cette même liste de pièces. Une surenchère de justificatifs parfois difficiles à fournir. Alors pour décrocher un logement, certains falsifient leurs bulletins de salaire. Sur Internet, des faussaires proposent même leurs services. Cette jeune femme n'a pas hésité.

Si je présentais de vrais papiers, je ne pourrais pas prétendre a la location d'un logement. Aucun propriétaire n'aurait accepté avec mes vrais contrats.

Cette intermittente enchaîne les petits contrats sur un jour ou deux. 260 euros, 168 euros, 442 euros. A la place, elle a fait fabriquer de faux bulletins de paie à 2.409 euros. Pour ces faux documents, elle a déboursé 250 euros. Un délit réprimé jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

Je ne vais pas culpabiliser parce que les propriétaires sont trop exigeants. Je suis en capacité de payer mon loyer. Donc au final, je ne me sens pas coupable car je suis une bonne locataire malgré tout.

Face à ces pratiques illégales, les propriétaires deviennent de plus en plus méfiants. Certains recourent même à des sociétés spécilaisées qui contrôlent les dossiers soumis par les candidats locataires à commencer par les fiches de paie.

On se connecte sur Infogreffe et on reprend les numéro de SIRET pour vérifier si c'est le bon employeur.

Ce propriétaire fait désormais vérifier tous les dossiers de ses candidats.

Amaury Danguy loue 4 appartements en Ile-de-France. Il exige lui aussi un salaire égal à 3 fois le montant du loyer.

Oui, c'est la norme aujourd'hui. C'est ce que toutes les agences immobilières imposent. C'est une manière de s'assurer que les locataires pourront payer. J'ai eu une expérience malheureuse avec des procédures longues. Je n'ai pas envie de repasser par là. J'ai des crédits qui vont avec donc une pression financière. Tout ça doit rouler et quand un locataire ne paie pas son loyer, c'est moi qui mets de ma poche.

Par crainte des mauvais payeurs, de nombreux propriétaires renoncent même à mettre leur bien en location, ce qui rend le marché du logement encore plus tendu dans les villes.

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