Journée de mémoire de l'esclavage : sur les traces de ses ancêtres

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Présenté parJulian Bugier

Diffusé le 09/05/2013Durée : 00h40

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cette abomination qu'est l'esclavage. Demain, c'est la Journée nationale de mémoire, avec plusieurs cérémonies. Un jour particulier pour de nombreux Français, les descendants d'esclaves. Ils sont 850.000. Une association les aide a remonter le fil de leurs ancêtres.

Sur ces archives micro filmées, 150.000 prénoms assortis d'un matricule. Parmi eux, Jean-Pierre, l'ancêtre de Josée, esclave en Guadeloupe. En 1848, la France donne un patronyme a ses affranchis. L'esclave Jean-Pierre devient Jean-Pierre Çalaudin. Un nom qui permet à sa descendante de retrouver plus d'un siècle plus tard son plus ancien aïeul identifié.

On a devant nous quelqu'un qui avait disparu et qui est là. Il avait 59 ans au moment de son affranchissement. Ça veut dire qu'il a eu toute une vie d'esclavage.

Toute une vie que la consultation des archives éclaire parfois crûment Dans les registres notariaux, après les biens matériels, Josée découvre les prix de ses ancêtres.

Une négresse nommée Françoise.

Françoise, esclave malade ne sera vendue que 570 francs. La première fois qu'elle a lu ça, Josée a éprouve de la colère. Mais elle a continué son travail de mémoire.

Ça nous apaise quand même, on les a sortis de l'oubli. Ce sont des êtres humains, c'est important pour nous. Ils ont voulu nous considérer comme des bêtes, nous sommes des hommes.

On estime à 12 millions, le nombre d‘Africains déportés vers les Amériques. Des hommes, des femmes et des enfants vendus pour approvisionner l'Europe en sucre, en café en coton. Soumis au labeur pour l'enrichissement des propriétaires blancs. Un système économique auquel l'abolition de 1848 a mis fin. Pour le peuple antillais, l'esclavage est reste tabou. Cette association parisienne a décidé de sortir les ancêtres esclaves de l'oubli. Grâce à l'atelier de généalogie, sur les 150.000 affranchis en 1848, 110.000 ont été identifiés par leurs descendants.

Pour la grande majorité des antillais, interroger ses ancêtres c'est affronter une double réalité.

Les propriétaires des plantations au moment de l'abolition seront indemnisés pour la perte de leur main d'oeuvre. Le préjudice subi par les esclaves n'a pas été pris en compte. Comme cet arrière petit-fils d'esclave. Par ce travail nous nous sommes trouvés. C'est ce qui me paraît essentiel.

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