Invité : Denzel Washington, "Equalizer"

a revoir

Présenté parLaurent Delahousse

Diffusé le 14/09/2014Durée : 00h30

Bonsoir Denzel Washington, merci d'être avec nous. On vous dit pudique, modeste sur votre carrière, si vous aviez un mot pour qualifier votre filmographie.

D. Washington : C'est difficile! J'ai eu la chance de jouer tout une série de personnages, de travailler avec de grands metteurs en scène, j'ai fait une très belle carrière.

L. Delahousse : Sur les réseaux sociaux, on ne cesse de nous raconter que vous êtes candidat au poste de James Bond.

D. Washington : On m'a posé une question un jour en ligne, pour savoir si ça m'intéresserait. Evidemment, pourquoi pas?.

L. Delahousse : La campagne est partie.

D. Washington : Je sais mais je disais ça pour blaguer.

L. Delahousse : On va revenir sur votre carrière et votre dernier.

Difficile de croire qu'il fêtera en décembre ses 60 ans. Denzel Washington, justicier solitaire, est de toutes les scènes, de toutes les bagarres. Sur le tournage, il n'a pas hésité a donner de sa personne. Son réalisateur le trouve plus affûté que jamais.

Il fait de la boxe depuis 20 ans. Je travaille avec son entraîneur, et quand je quitte la salle tôt le matin, il arrive. Il est exigeant envers les autres mais il donne énormément.

Fidèle en amitié, c'est avec le même réalisateur qu'il avait tourné "Training Day" en 2001. Ce rôle de policier ripoux lui vaut un 2e Oscar. Il est le premier Noir à rafler le titre de meilleur acteur depuis Sidney Poitier, présent ce soir-là dans la salle. Avec son ami Spike Lee, il a déjà tourné 4 films, dont l'un de ses plus beaux rôles: "Malcolm X". Mais il veille à ne pas s'enfermer dans des rôles de leader de la cause noire, de gangster ou de comique, dans lesquels sont trop souvent cantonnés les acteurs afro-américains. Dans "Philadelphia", son plus grand succès en France à ce jour, il était l'avocat de Tom Hanks, malade du Sida.

"Je suis persuadé qu'on trouvera une solution.

Dans "L'Affaire Pélican", un journaliste aux côtés de Julia.

"On approche des 7.000 pieds! Pourquoi tu continues à piquer.

Je reprends le contrôle.

Dans "Flight", il est un commandant de bord héroïque et alcoolique qui sauve ses passagers par une spectaculaire manoeuvre. Champion du box-office, l'ami d'Obama reste une star discrète, très croyant, et se définit comme un homme qui essaie simplement de bien faire son travail.

L. Delahousse : Et Denzel Washington est avec nous. On va revenir juste en arrière. Vous avez souvent eu des rôles au coeur de l'histoire ou de l'actualité. On vous a vu engagé dans des documentaires sur Hank Aaron, un grand joueur de basebaIl ainsi que sur le photographe Gordon Parks. On peut dire "merci d'être un homme de conviction".

D. Washington : Mais je suis juste un type qui a eu la chance d'interpréter leur vie.

L. Delahousse : Mais ce sont des choix dirigés, forcément.

D. Washington : Bien sûr. Au début, on m'a donné cette possibilité et j'ai dit oui. Mais c'est vrai que J'ai encore beaucoup de chance.

L. Delahousse : Vous suivez toujours l'actualité du monde, un mot de Barack Obama, qui a suscité un énorme espoir à travers la planète et aux Etats-Unis. Aujourd'hui, vous vous dites que c'est dur d'être président américain.

D. Washington : Oui, c'est difficile d'être un dirigeant mondial aujourd'hui. L'information va tellement vite. Tout le monde a un avis. C'est très difficile de remplir cette fonction et la pression est accrue parce que, dans le monde actuel, l'information va partout.

L. Delahousse : On va sourire avec une petite séquence sur Barack Obama. Il était en visite dans une école.

L. Delahousse : Ça vous a fait beaucoup rire, en tout cas.

D. Washington : Oui, j'ai joué à Broadway récemment et le président et sa femme sont revenus au spectacle. Ils ont été obligés d'arriver à l'entracte, car c'est toujours un peu difficile.

Vous savez qu'il a proposé votre nom si un jour il y avait un film sur sa vie.

D. Washington : Oui, oui. Mais ce n'est pas fini, il faut qu'on sache comment ça va finir.

L. Delahousse : L'histoire est à finir. Justement, un mot: en 1951, Langston Hughes disait dans son poème "Harlem": "Qu'arrive-t-il à un rêve qui est différé? Explose-t-il?" Il y a eu des émeutes aux Etats-Unis cet été. Est-ce que la question raciale reste aujourd'hui une question clé des Etats-Unis ou est-ce une question sociale.

D. Washington : C'est très facile de dire que c'est l'un ou l'autre, mais finalement, c'est un peu des deux. Il y a des personnes sans rien aux Etats-Unis ou ailleurs. Il y a parfois cet aspect de la race ou de la couleur, mais ce sont de vraies questions. Les Etats-Unis sont un pays qui a connu l'esclavage pendant 300 ou 400 ans, et une forme de ségrégation. C'est très difficile d'imposer l'amour par le droit. Il y a encore de très mauvaises habitudes, c'est un processus. On ne peut pas effacer en 30 ou 40 ans ce qui a duré 300 ans.

L. Delahousse : Une dernière question, peut-être délicate. Est-ce que vous considérez qu'il y a aujourd'hui encore une différence à Hollywood entre un comédien afro-américain et un comédien Est-ce qu'il y a une différence entre vous et Tom Cruise.

D. Washington : Je suis plus beau que lui! J'ai une très belle carrière, je ne vais pas m'en plaindre et on ne peut pas vraiment la comparer a qui que ce soit. Je ne me compare pas à Tom Cruise. Il y a assez de place pour nous deux. C'est à mon avis aux Noirs-Américains de raconter leur histoire et au-delà même de la question de couleur, c'est aujourd'hui encore plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Il y a donc encore des préjugés et de mauvaises habitudes.

L. Delahousse : En 2002, vous aviez obtenu un Oscar pour "Training Day". Douze ans après, vous vous retrouvez avec le même réalisateur pour ce film. Qui est ce personnage de McCall.

D. Washington : Comme il le dit à la jeune fille, il faut être qui l'on est dans ce monde. Et il n'avait pas été qui il était. Ce sentiment de culpabilité, la perte de sa femme, le tort qu'il a causé aux autres. Il a dans son coeur cette envie d'aider cette jeune fille, et les uns et les autres à s'accomplir.

L. Delahousse : Il y a un petit côté western, Sergio Leone.

D. Washington : Oui, pourquoi pas? C'est effectivement cet archétype, cette histoire a été racontée à plusieurs reprises. Il est un peu solitaire, mais peut-être qu'on le voit plus solitaire encore lorsqu'il est seul chez lui ou au café en train de lire, plus que dans les Westerns.

L. Delahousse : Vous vous souvenez de la réaction de votre pere qui était pasteur, protestant, quand vous lui avez dit que vous vouliez devenir acteur.

D. Washington : Je me souviens avoir été faire mes courses avec lui et avoir vu de la fierté dans son regard lorsqu'il disait aux gens: "Vous savez qui est mon fils aujourd'hui!" Il est mort depuis 23 ans maintenant. Il était effectivement très fier de ce que son fils avait réussi à faire.

L. Delahousse : Merci beaucoup, Denzel Washington d'être venu nous rendre visite ce soir. A bientôt dans" Equalizer".

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