"On ne veut surtout pas donner des idées aux gens" : quand une fausse demande en mariage émeut des passants parisiens

Ce que des promeneurs avaient pris pour une demande en mariage originale était en réalité une séance photo organisée par des amoureux d'exploration urbaine.

Un cliché d\'une \"fausse demande en mariage\" pris par Charles Aslangul, samedi 30 juin, vers 22 heures, près de la Passerelle Debilly à Paris. 
Un cliché d'une "fausse demande en mariage" pris par Charles Aslangul, samedi 30 juin, vers 22 heures, près de la Passerelle Debilly à Paris.  (@CharlesAslangul)

Un couple perché sur les armatures de la passerelle Debilly, lui, genou à terre, elle, debout face à lui. Une périlleuse demande en mariage ? C'est ce qu'imaginent les passants de ce quartier du 7e arrondissement de Paris, samedi 30 juin, vers 22 heures. Charles Aslangul, élu municipal de Bry-Sur-Marne (Val-de-Marne), assiste à la scène depuis une péniche. "Mon frère les a vus et on a tous hurlé et applaudi le couple", raconte-t-il à franceinfo. Il prend vite une photo de cet instant "magnifique" et la publie sur Twitter avec pour légende : "Je viens d'être témoin d'une demande en mariage incroyable. Merci de RT pour que les futurs mariés puissent récupérer cette photo hors norme." 

"Je me suis dit que pour ce couple, ce serait formidable d'avoir la photographie", explique l'élu, qui compte sur les internautes pour remonter la piste des futurs mariés et leur envoyer le souvenir. 

Une pose orchestrée par une photographe

Si certains accusent Charles Aslangul d'avoir publié un photomontage, il n'en est rien : le cliché est authentique… mais pas la demande en mariage. "C'est orchestré", confirme à franceinfo la photographe Aurore Alifanti, à l'origine du cliché.

Ce samedi-là, elle embarque deux amis, Athina et Frédéric, pour une série de photos sur la passerelle. Les deux modèles sont des habitués de l'exploration urbaine, tout comme la photographe. Cette dernière, équipée d'un téléobjectif, est très éloignée du pont. Elle indique par téléphone les poses que doivent prendre les modèles et a soudainement l'idée de la demande en mariage.

À plusieurs reprises dans la soirée, le couple grimpe sur les armatures pour prendre la pose. "On a essayé de faire vite pour éviter d'avoir des soucis avec les autorités et éviter que les gens aient envie de faire comme nous. Ce n'est pas à faire sans entraînement et on ne veut surtout pas donner des idées aux autres personnes présentes", explique Athina. 

J'ai l'habitude de le faire, je n'ai pas le vertige et je suis très précautionneuse.Anthina Perroux, modèle pour la photoà franceinfo

Les modèles et la photographe ont bien entendu les cris et les applaudissements des témoins. "Mais je ne me doutais pas que ça ferait un tel buzz", s'étonne Aurore Alifanti. La photo avait été partagée plus de 13 000 fois sur Twitter, lundi soir. L'histoire, moins romantique qu'elle n'en avait l'air, laisse à Charles Aslangul un sentiment mitigé.  

Tout le monde était à fond et on s'est fait avoir. (…) Je suis déçu, mais c'est une belle photo !Charles Aslangulà franceinfo

\"The proposal\", la photographie prise samedi 30 juin, sur la passerelle Debilly à Paris, par Aurore Alifanti.
"The proposal", la photographie prise samedi 30 juin, sur la passerelle Debilly à Paris, par Aurore Alifanti. (Aurore Alifanti)