"Il faut prendre les complotistes très au sérieux", assure le patron de l'AFP

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Article rédigé par
M. Baumer - franceinfo
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Fabrice Fries, PDG de l’agence de presse AFP et auteur de L’emprise du faux, est l’invité du 23h de franceinfo mardi 20 avril. 

L’affaire Mia illustre le fait que le complotisme peut se transformer en acte. “Bien sûr, là il y a une victime, plusieurs personnes derrière les barreaux. Le complotisme a des conséquences réelles. On a eu longtemps tendance à prendre les complotistes pour des farfelus. L’assaut du Capitole orchestré par la mouvance QAnon a fait cinq morts. Il faut prendre les complotistes très au sérieux", assure Fabrice Fries, PDG de l'Agence France Presse.

“On est très proche des emprises sectaires. C’est très difficile de convaincre quelqu’un qui est pris dans cet engrenage d’en sortir", ajoute-t-il sur franceinfo mardi 20 avril.

Facebook ou Twitter font partie de la solution

Le complotisme et la désinformation sont devenus des armes. "Il y a un effet d’accoutumance. La désinformation infiltre tous les sujets. Lutter est important. On a subi, et maintenant le combat s'organise", explique l'auteur du livre L'emprise du faux paru aux éditions de l'Observatoire. 

Les réseaux sociaux sont “des accélérateurs”, précise Fabrice Fries. "Mais les plateformes font partie de la solution. La correction des modèles économiques des plateformes est nécessaire et il faut les convaincre d’enfin s’attaquer aux algorithmes qui amplifient les messages de haine. Il faut les contraindre. La pression de l’opinion publique va être majeure. Les Etats doivent s’impliquer et utiliser les armes du droit. Les plateformes sont déjà sorties du déni", positive Fabrice Fries.  

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