Toutes les fois où Mark Zuckerberg s'est excusé depuis la création de Facebook

Le PDG du célèbre réseau social doit être entendu devant le Congrès américain mardi et mercredi, notamment au sujet du scandale Cambridge Analityca. Ce n'est pas la première fois qu'il fait son mea culpa en public.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, à la conférence annuelle du réseau social, le 18 avril 2017 à San Jose (Californie, Etats-Unis). 
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, à la conférence annuelle du réseau social, le 18 avril 2017 à San Jose (Californie, Etats-Unis).  (STEPHEN LAM / REUTERS)

Promis, juré, craché, il ne recommencera plus. Mark Zuckerberg doit présenter des excuses devant le Congrès américain, mardi 10 et mercredi 11 avril, notamment au sujet du rôle de Facebook dans le scandale Cambridge Analytica. Comme le relèvent le Washington Post (en anglais) et 20 Minutes, ce n'est pas la première fois que le PDG du réseau social fait son mea culpa. Depuis le début de sa carrière en 2003, et la création de Facebook un an plus tard, il fait acte de contrition après chaque nouvelle polémique. Pendant ce temps, l'accès de Facebook à nos données personnelles ne cesse de progresser.

2003 : la création de Facemash

La polémique. Etudiant de la prestigieuse université de Harvard, le jeune geek Mark Zuckerberg (alors âgé de 19 ans) a l'idée de créer Facemash, un site pour noter les étudiantes selon leur beauté ("Hot or not ?"). Le portail enregistre plus de 400 visiteurs uniques et 220 000 votes en une journée, rappelle Vanity Fair. Mais il déclenche aussi la colère des associations féministes de Harvard. Ce qui vaut au prodige de l'informatique de passer en conseil de discipline.

Les excuses. "Je ne voulais pas que les choses tournent comme cela et je m'excuse pour tout le préjudice causé par ma négligence", s'excuse Mark Zuckerberg.

2007 : la plateforme Beacon

La polémique. Trois ans après la création de Facebook, Mark Zuckerberg lance Beacon, une plateforme publicitaire qui permet au réseau de collecter des données sur les achats effectués sur des sites partenaires. Comme l'explique 20 Minutes, Facebook enrôle de forces tous les utilisateurs, avant de faire marche arrière, tout en continuant de collecter des données. Beacon met la clé sous la porte en 2009 et paie 9,5 millions de dollars pour mettre fin à une class action, souligne le quotidien gratuit.

Les excuses. "Nous avons simplement fait un mauvais travail avec cette version, et je m'en excuse. Les gens doivent être en mesure de choisir explicitement ce qu'ils partagent", écrit-il sur le blog de Facebook.

2009 : les conditions d'utilisation de Facebook

La polémique. En février, le réseau social modifie discrètement ses conditions d'utilisation. Les contenus postés par les membres deviennent la propriété à vie de Facebook, même si l'internaute les efface ou se désinscrit. Face à la levée de boucliers suscitée par ce changement, Mark Zuckerberg fait marche arrière. 

Les excuses. "Ces derniers jours, nous avons reçu beaucoup de questions et de commentaires sur les changements. A partir de ces retours, nous avons décidé de revenir à nos conditions d’utilisation précédentes pendant que nous travaillons à résoudre les problèmes soulevés par les gens", écrit-il, toujours sur le blog de Facebook.

2010 : les partenariats avec Microsoft et Yelp

La polémique. Facebook noue des partenariats avec des sites comme Microsoft Docs et Yelp, pour leur transférer de précieuses informations sur ses membres. Tous les utilisateurs sont inscrits d'office à ce service, et la désactivation est rendue très compliquée. L'Electronic Frontier Foundation, qui défend les libertés sur internet, dénonce une "fuite d'informations".

Les excuses. "Parfois, nous allons trop vite", reconnaît Mark Zuckerberg. "Nous allons ajouter des contrôles de confidentialité qui sont beaucoup plus simples à utiliser. Nous allons également vous donner un moyen facile de désactiver tous les services tiers", promet-il

2011 : un accord avec les autorités américaines

La polémique. La Federal Trade Commission (FTC), le puissant régulateur américain du commerce, donne son feu vert à un accord à l'amiable avec Facebook sur ses violations présumées de la vie privée. En décembre 2009, plusieurs associations de défense de protection de la vie privée avaient saisi les autorités américaines. Le réseau social accepte de se soumettre à des audits indépendants pendant vingt ans.

Les excuses. "Je pense que dans l'ensemble, nous avons fait du bon travail sur la manière dont nous donnons [aux utilisateurs de Facebook] le contrôle sur ce qu'ils publient. Mais je suis le premier à reconnaître que nous avons aussi commis des erreurs"commente Mark Zuckerberg sur son blog (en anglais).

Novembre 2016 : les "fake news"

La polémique. La victoire surprise de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine déclenche une volée de critiques de la gauche américaine contre le réseau social. Max Read, éditorialiste au New York Magazine, signe une tribune titrée "Donald Trump a gagné à cause de Facebook""La manière la plus évidente avec laquelle [le réseau social] a permis la victoire de Trump a été son incapacité (ou son refus) de traiter le problème des canulars ou des fausses infos", dénonce-t-il notamment.

Les excuses. "Nous prenons les fausses informations au sérieux", se défend Mark Zuckerberg avant d'expliquer ce que son entreprise compte faire pour lutter contre le problème.

2017 : les soupçons d'ingérence russe

La polémique. A mesure que l'année 2017 avance, il apparaît, comme le raconte Wired, que Facebook a sous-estimé la menace venue de Russie. "L'entreprise n'a vu aucun signe d'opération de propagande étrangère, mais elle n'a pas vraiment regardé", écrit le magazine américain, en évoquant des attaques informatiques intervenues dès le début de la campagne présidentielle.

Les excuses. Le 6 septembre 2017, le chef de la sécurité de Facebook, Alex Stamos, reconnaît publiquement que six utilisateurs russes ont dépensé plusieurs dizaines de milliers d'euros de publicités destinées aux internautes américains entre juin 2015 et mai 2017. "Pour la façon dont mon travail a été utilisé pour diviser plutôt que pour nous rassembler, je demande pardon et je vais travailler pour faire mieux", réagit Mark Zuckerberg en octobre. 

2018 : le scandale Cambridge Analytica

La polémique. Le 17 mars, le Guardian et le New York Times révèlent que Cambridge Analytica, une entreprise proche de Donald Trump, utilisé les données d'utilisateurs de Facebook pour développer un outil informatique permettant de cibler des électeurs, afin de peser dans la campagne présidentielle de 2016. Selon les deux journaux, le réseau social était au courant de la collecte de données, réalisée via une application, depuis 2015. Son inaction est à nouveau montrée du doigt. 

Les excuses. "Nous avons la responsabilité de protéger vos données et si nous ne pouvons pas le faire, nous ne méritons pas de vous servir", écrit Mark Zuckerberg sur le réseau social, ajoutant que le groupe va examiner de près les applications présentes sur Facebook.