Drones dans Paris : ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas

Au moins cinq sites emblématiques ont été survolés dans la capitale française, dans la nuit de lundi à mardi.

Un drone de la gendarmerie française, à Saint-Astier (Dordogne), le 6 octobre 2014.
Un drone de la gendarmerie française, à Saint-Astier (Dordogne), le 6 octobre 2014. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Ils ont été aperçus aux abords de l'ambassade des Etats-Unis, de la tour Eiffel ou de la Concorde. Au moins cinq sites ont été survolés par des drones à Paris dans la nuit du lundi 23 février au mardi 24 février, entre minuit et 6 heures du matin. Quelques précisions ont été apportées, mais des questions demeurent autour de ces drones mystérieux et surtout insaisissables.

Ce que l'on sait

De nombreux sites emblématiques survolés. Le premier drone a été vu vers minuit survolant l'ambassade américaine, dans le 8e arrondissement de Paris. Assez rapidement, en raison du caractère sensible des lieux, les premiers services de police présents ont tenté de suivre l'appareil qui "a continué son survol vers les Invalides", a expliqué une source proche de l'enquête, avant que les policiers ne perdent sa trace. Puis, entre 1 heure et 6 heures, quatre autres drones ont été repérés, "Tour Eiffel, tour Montparnasse, Concorde... Ils ont été vus survolant de nombreux lieux parisiens".

Le nombre de survols en une nuit est exceptionnel. Ce n'est pas la première fois que des drones sont aperçus à Paris. Il y a un peu plus d'un mois, le 20 janvier, le palais de l'Elysée avait également été survolé par l'un de ces appareils. "Cela nous arrive de temps à autre", a confié une source policière. Mais jamais autant de drones n'avaient été aperçus en une seule nuit.

Une enquête ouverte. Une enquête de flagrance a été ouverte par le parquet de Paris pour "vol par aéronef en zone interdite". Les investigations de l'ensemble de ces survols ont été confiées à la section de recherche de la gendarmerie des transports aériens (GTA), le service d'enquête spécialisé pour ce genre d'affaires. "Un groupe de travail dédié, au sein du GTA, d'une dizaine d'enquêteurs spécialisés en aéronautique a été constitué pour travailler exclusivement sur le phénomène de cette nuit", a indiqué à l'AFP la gendarmerie.

Ce que l'on ne sait pas

Le nombre exact d'appareils. Il est encore flou. "Il y a eu cinq séquences de survols, mais le nombre de drones n'est pas encore vraiment établi", selon une source policière. Il pourrait même n'y en avoir qu'un seul. "Les enquêteurs ne savent pas encore s'il s'agit d'un ou de plusieurs appareils", relève France Info.

Le but de ces survols. "Est-ce un jeu, des repérages pour une action future ? L'enquête le dira", s'interroge, perplexe, un commissaire parisien. Aucune organisation n'a pour l'instant revendiqué une quelconque action. "Il pourrait s'agir d'une action coordonnée, mais nous n'en savons pas plus pour l'instant", a expliqué une source proche de l'enquête. Selon certains témoins, les appareils repérés volaient à au moins 100 mètres d'altitude. "C'est clairement mystérieux, et si a priori la piste terroriste semble écartée, cette affaire est prise très au sérieux", a expliqué ce commissaire.