Amazon va répercuter la taxe Gafa sur ses vendeurs en France

Le géant américain du commerce en ligne va appliquer à tous les vendeurs hexagonaux une hausse de 3% des frais de vente. Une décision qui intervient moins de trois semaines après l'adoption définitive par la France d'une taxe dite "Gafa" sur les grands groupes technologiques. 

Le logo Amazon à l\'entrée de l\'entrepôt d\'Amiens (Somme), le 23 juillet 2019.
Le logo Amazon à l'entrée de l'entrepôt d'Amiens (Somme), le 23 juillet 2019. (DENIS CHARLET / AFP)

La filiale française du géant américain du e-commerce Amazon a confirmé, jeudi 1er août, son intention de répercuter la taxe dite "Gafa" sur les tarifs des services qui sont proposés aux entreprises françaises utilisant sa plateforme de vente en ligne.

"Cette taxe visant directement les services de la 'marketplace' [plateforme de mise en relation entre des commerçants tiers et les consommateurs] que nous mettons à disposition des entreprises avec lesquelles nous travaillons, nous n'avons pas d'autre choix que de la leur répercuter", a confirmé Amazon.

La taxe française, définitivement adoptée le 11 juillet, crée une imposition des grandes entreprises du secteur non pas sur le bénéfice, souvent déclaré dans des pays à très faible fiscalité comme l'Irlande, mais sur le chiffre d'affaires qu'elles réalisent dans l'Hexagone. Selon le ministère de l'Economie, une trentaine de grands groupes devraient payer cette taxe, avec deux seuils prévus : un chiffre d'affaires minimum de 750 millions d'euros au niveau mondial et 25 millions dans l'Hexagone.

Une hausse de 3% 

Sur sa page d'information à destination des vendeurs hexagonaux, Amazon détaille son nouveau barème de tarifs, qui entrera en vigueur le 1er octobre : il explique leur appliquer à tous une hausse de 3%, correspondant au montant de la taxe sur son chiffre d'affaires prévue par la nouvelle loi. 

Cela entraîne un renchérissement de sa commission allant de quelques dixièmes de points de pourcentage à près de 1,5 point, en fonction des produits proposés par les vendeurs.

Selon le géant américain, cette situation pourrait notamment "mettre les petites entreprises françaises en position de désavantage concurrentiel par rapport à leurs homologues d'autres pays". "Nous en avons, comme de nombreux autres acteurs, averti les autorités", a assuré le groupe.