Annonces illégales sur Airbnb : "C'est quelque chose d'extraordinaire de voir les entreprises assumer de ne pas respecter la loi"

L'adjoint (PCF) à la maire de Paris, en charge du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence, Ian Brossat, rappelle que les plateformes, comme Airbnb "sont tenues de retirer leurs annonces illégales".

Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris, en charge du logement, de l\'habitat durable et de l\'hébergement d\'urgence, le 5 avril 2014.
Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris, en charge du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence, le 5 avril 2014. (JOEL SAGET / AFP)

La ville de Paris a décidé de mettre en demeure les plateformes Airbnb et quatre de ses concurrents (Abritel, Windu, ParisAttitude et Sejourning) pour qu'elles retirent immédiatement les annonces illégales, sous peine de poursuites judiciaires. 

Selon la ville de Paris, plus de 40 000 annonces sont illégales sur Airbnb. "Nous demandons, par cette mise en demeure, à ces plateformes, de faire leur travail et si elles ne le font pas, nous les traînerons devant les tribunaux", a expliqué Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris, en charge du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence, sur franceinfo lundi 11 décembre.

franceinfo : La ville de Paris met en demeure ces plateformes de retirer les annonces illégales. Qu'est-ce qui vous fait hausser le ton ?

Ian Brossat : Nous avons décidé de passer à cette étape pour une raison simple. Nous sommes confrontés, depuis plusieurs années, à un développement énorme de ces locations touristiques qui posent un certain nombre de problèmes, notamment quand des logements sont transformés toute l'année en meublés touristiques. Nous avons établi des règles et un certain nombre de plateformes dont Airbnb ont décidé de ne pas appliquer la loi. Elles continuent d'héberger des annonces illégales. Quand on ne respecte pas la loi, on s'expose à se retrouver devant un tribunal.

Les propriétaires sont censés s'enregistrer à la mairie de Paris ?

Maintenant, lorsque vous voulez louer votre logement sur une plateforme, il vous faut un numéro d'enregistrement sur le site de la ville de Paris. Il se trouve qu'Airbnb et quatre autres plateformes continuent d'héberger massivement des annonces qui ne contiennent pas ce numéro d'enregistrement. Or, la loi est sans ambiguïté. Les plateformes sont tenues de retirer leurs annonces illégales. 

Nous demandons, par cette mise en demeure, à ces plateformes, de faire leur travail et si elles ne le font pas, nous les traînerons devant les tribunaux.Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Parisà franceinfo

C'est quelque chose d'extraordinaire à voir les entreprises assumer de ne pas respecter la loi. Ce n'est pas parce que ces entreprises sont des multinationales et qu'elles ont leur siège ailleurs qu'en France, qu'elles ont le droit de passer par-dessus la loi, il serait temps qu'elles y réfléchissent à deux fois.

Avez-vous le sentiment d'être pris au dépourvu ?

Toutes les grandes villes touristiques du monde, Barcelone, Madrid, San Francisco, New York, cherchent à établir des règles pour encadrer leurs locations touristiques et pour encadrer cette plateforme. Paris, comme les autres villes du monde, est en train de chercher des outils de régulation. C'est une course de vitesse, sinon il n'y aura plus que des locations touristiques dans un certain nombre de quartiers parisiens.

Attendez-vous un geste de l'État ?

Nous attendons cette aide-là. Et plus généralement, le comportement de ces entreprises est un véritable défi qui est lancé aux pouvoirs publics. Quand une entreprise refuse d'appliquer la loi, c'est un défi posé aux pouvoirs publics et il est temps que Bercy tape du poing sur la table pour faire respecter la loi.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE