Attentat déjoué à Paris : ce que l'on sait de Sid Ahmed Ghlam

Le suspect interpellé dimanche est également soupçonné d'être impliqué dans le meurtre d'Aurélie Châtelain, une jeune femme retrouvée morte à Villejuif, dans le Val-de-Marne.

Le ministre de l\'Intérieur, Bernard Cazeneuve, le 21 avril 2015 à Paris.
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, le 21 avril 2015 à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Un homme de 24 ans, soupçonné d'avoir planifié un attentat contre deux églises, a été arrêté dimanche matin, à Paris. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, l'a annoncé mercredi 22 avril. Blessé par balles et en garde à vue, le suspect est hospitalisé à l'Hôtel-Dieu, à Paris. Sa garde à vue pourrait être portée à six jours, une durée dérogatoire prévue notamment en cas de risque de commission d'acte terroriste imminente.

Francetv info revient sur ce que l'on sait de cette arrestation.

Un étudiant en informatique de 24 ans 

De nationalité algérienne, Sid Ahmed Ghlam rejoint la France pour la première fois en 2001, selon les informations du procureur de la République de Paris, François Molins. Il réside alors à Saint-Dizier (Haute-Marne) avec ses parents, jusqu'en 2003. Il repart alors en Algérie, où il passe son baccalauréat en 2010. Un an plus tard, de retour en France, il entame des études d'informatique à Reims et à Paris, avant de retourner à Saint-Dizier. Selon Le Figaro, il a été étudiant à Supinfo Paris, école qu'il a finalement quittée au bout de deux ans "pour se réorienter" et où "il n'a jamais fait parler de lui". Il s'installe finalement dans la capitale en septembre 2014.

Connu des services de renseignement 

Le suspect est connu des services de police comme ayant des "velléités de départ en Syrie" pour rejoindre les rangs des jihadistes. Selon le ministre de l'Intérieur, "des vérifications sur l’environnement de cet étudiant avaient été effectuées à deux reprises en 2014 et en 2015". Ces enquêtes n'avaient pas "révélé d’éléments susceptibles de justifier l’ouverture d’une enquête judiciaire". Une fiche de sûreté le concernant avait tout de même été diffusée. Elle le présentait comme un "islamiste radical dangereux", d'après 20minutes.fr.

Sid Ahmed Ghlam a été inquiété pour des faits de violences en 2013, explique également le procureur de Paris François Molins. Mais l'affaire a finalement été classée sans suite, après le retrait de la plainte. 

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Disposant d'un arsenal de "plusieurs armes de guerre" 

Dans sa voiture et son appartement, les policiers ont découvert lors de perquisitions "un arsenal composé notamment de plusieurs armes de guerre, d’armes de poing, de munitions, de gilets pare-balles, de matériel informatique et de téléphonie""Une documentation fournie a également été découverte établissant, sans ambiguïté, que l'individu projetait la commission imminente d'un attentat, vraisemblablement contre une ou deux églises", a ajouté Bernard Cazeneuve. Les perquisitions ont également permis de retrouver "des documents en langue arabe évoquant les organisations terroristes Al-Qaïda et Etat islamique", d'après le parquet.

En contact avec un homme qui serait en Syrie 

Sid Ahmed Ghlam était en contact avec une autre personne "pouvant se trouver en Syrie avec lequel il échangeait sur les modalités de la commission d'un attentat, ce dernier lui demandant de cibler une église", selon le procureur François Molins. Il s'agit d'une personne différente de celle arrêtée mercredi à Saint-Dizier (Haute-Marne).

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Dans un "mutisme complet" en garde à vue 

En garde à vue, Sid Ahmed Ghlam, qui a appelé les secours avant d'être arrêté, a fait des déclarations "fantaisistes" avant de s'enfermer dans le mutisme, selon le procureur. Il a expliqué s'être blessé seul en voulant se débarrasser de ses armes dans la Seine. Il est depuis plongé dans "un mutisme complet et invoque son droit au silence".

Soupçonné du meurtre d'Aurélie Châtelain 

L'homme arrêté est également soupçonné d'être impliqué dans le meurtre d'Aurélie Châtelain, cette prof de fitness retrouvée morte dimanche matin, dans le Val-de-Marne. Son corps a été découvert quelques minutes avant l'arrestation. "Les investigations ont permis d'établir sa présence à Villejuif et son implication dans le meurtre de la jeune femme", a déclaré Bernard Cazeneuve. L'ADN du suspect et des traces de sang ont été retrouvés dans la voiture d'Aurélie Châtelain.