Nouvelle-Calédonie : "L'indépendance économique sera extrêmement difficile à obtenir"

Quelles seraient les conséquences économiques en cas de victoire du "oui" au referendum d'autodétermination de Nouvelle-Calédonie le 4 novembre ? Pour l'économiste Olivier Sudrie, l'indépendance économique de l'archipel sera "extrêmement difficile à obtenir". 

Une mine de nickel à Nouméa. 
Une mine de nickel à Nouméa.  (JULIEN CHAUVET / MAXPPP)

Emmanuel Macron est en déplacement en Nouvelle-Calédonie jeudi 3 mai. Une visite présidentielle qui survient à 6 mois d’un référendum sur autodétermination de l'archipel. En cas de victoire du "oui", la Nouvelle-Calédonie serait dont indépendante politiquement, mais "l'indépendance économique sera extrêmement difficile à obtenir", a estimé jeudi sur franceinfo Olivier Sudrie, économiste au cabinet DME et spécialiste de l'Outre-Mer.

En effet, en cas d'indépendance, la ressource économique principale de la Nouvelle-Calédonie sera le nickel "mais tous nos calculs montrent que le nickel ne suffira pas" à combler "les transferts de l'État" qui sont "de 140 à 150 milliards de francs Pacifique". Pour Olivier Sudrie, "cette indépendance économique sera très certainement extrêmement difficile à obtenir".

Du mal à produire calédonien

Aujourd'hui, la France reste le principal interlocuteur de la Nouvelle-Calédonie en terme d'échanges commerciaux "notamment car la France exploite une partie du nickel", a expliqué l'économiste. Vient ensuite "la Chine qui fournit comme partout ailleurs dans le monde des marchandises. Et assez peu les grands voisins du Pacifique, l'Australie et la Nouvelle-Zélande".

Il paraît donc compliqué d'envisager une diversification des relations si l'indépendance est prononcée, d'autant plus que "l'un des handicaps dont souffre la Nouvelle-Calédonie, c'est sa faible compétitivité". "On y est assez peu productifs, et les prix et salaires y sont relativement élevés. Donc on a du mal à la fois à produire calédonien, et encore plus de mal à la vendre sur les marchés internationaux", a ajouté Olivier Sudrie.