Émeutes en Nouvelle-Calédonie : "On a appliqué des méthodes militaires", témoigne un habitant de Nouméa, qui tient une barricade "armée"

Face aux émeutes indépendantistes qui agitent l'archipel depuis lundi 13 mai, certains Néo-Calédoniens sont organisés en milices, formant à leur tour des barrages pour éviter des pillages.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des résidents de Nouvelle-Calédonie ont érigé des barricades pour défendre leurs quartiers contre les émeutes. (THEO ROUBY / AFP)

"Le calme va être rétabli", promet jeudi 16 mai Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, alors que la Nouvelle-Calédonie a vécu une troisième nuit consécutive d'émeutes. L'archipel est secoué par la fronde des indépendantistes contre la réforme constitutionnelle d'élargissement du corps électoral votée par le Parlement. "L'État reprendra totalement le contrôle", assure-t-il sur France 2.

Le ministre affirme que des "centaines de policiers et gendarmes arrivent à Nouméa" : "On passe de 1 700 policiers et gendarmes, ce qui était déjà beaucoup, à 2 700 policiers et gendarmes d'ici demain soir", précise-t-il. Quelques heures auparavant, le Premier ministre Gabriel Attal avait annoncé le déploiement de l'armée en Nouvelle-Calédonie, afin de "sécuriser" les ports et l'aéroport.

Des installations de plus en plus lourdes

Si la nuit de mercredi à jeudi "a été moins violente" que les deux précédentes, a estimé le représentant de l'Etat dans l'archipel, Louis Le Franc, même si elle a encore été le théâtre d'affrontements "très importants". Dans les rues, des affrontements ont ainsi eu lieu entre certains indépendantistes et loyalistes. Dans certains quartiers, ces derniers se sont organisés en milices armées et ont formé des barricades. "On a appliqué un petit peu des méthodes militaires, explique l'un d'entre eux. On a placé des véhicules qui peuvent éclairer derrière la barricade, puisqu'on a eu des coupures d'électricité… On prévoyait le fait qu'il fasse nuit noire et on tient la barricade depuis trois jours."

Les moyens employés pour tenir ce barrage n'ont cessé de croître depuis lundi, explique-t-il. "On est monté en pression, bien entendu, puisque les premiers jours, on n'a pas mesuré ce qu'il se passait. C'est vraiment une barricade solide, avec des herses, différents systèmes d'éclairage…" L'installation est désormais "armée", avoue-t-il, "puisqu'on a essuyé les coups de feu dans la zone".

"C'est du calibre 12, du gros plomb à longue distance. Donc c'était plus pour tirer au-dessus d'eux et les dissuader d'approcher."

Un habitant de Nouméa

à franceinfo

Il confie également que "quelques coups de fusil ont été tirés" en direction de "personnes qui ont tenté de venir vers nous". Mais assure ne pas avoir visé les personnes en question.

D'importants effectifs de policiers et de gendarmes, dont des éléments de leurs deux groupes d'élite, le GIGN et le RAID, sont déjà mobilisés. D'après le ministère de l'Intérieur, 1 800 policiers et gendarmes y étaient déployés mercredi et 500 de plus sont attendus. Depuis lundi, les forces de l'ordre ont procédé à près de 200 interpellations au total, selon le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.