Un livre peint Sarkozy en "monarque" demandant une faveur sexuelle à une élue

Marie-Célie Guillaume, directrice de cabinet de Patrick Devedjian, raconte sous de faux noms cette scène dans son livre "Le Monarque, son fils, son fief", paru jeudi.

Nicolas Sarkozy, le 4 mai 2012 aux Sables-d\'Olonne (Vendée).
Nicolas Sarkozy, le 4 mai 2012 aux Sables-d'Olonne (Vendée). (ALAIN JOCARD / AFP)

Ce ne sont que "quelques lignes", une "scène microscopique", minimise l'auteure mercredi 13 juin sur le plateau du "Grand Journal" de Canal+. Le fait rapporté est pourtant stupéfiant.

Dans son livre, Le Monarque, son fils, son fief, paru jeudi 14 juin (Editions du Moment), Marie-Célie Guillaume, directrice de cabinet du président UMP du conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, dépeint Nicolas Sarkozy, présenté sous les traits de "Rocky" ou du "Monarque". Dans une scène, il demande à une élue, "Madame de P.", qui venait lui demander des fonds pour un projet dans sa ville, de lui faire "une gâterie".

"Sois gentille..."

"Regarde dans quel état je suis, tu ne peux pas me laisser comme ça... Sois gentille... Comment je vais faire mon discours, là, tout de suite ? Tu vois bien que j'ai besoin de me détendre ! Allez, c'est pas grand-chose...", relate l'auteure, qui précise : "Cela ne dure que quelques instants. Le Monarque est pressé et Madame de P. compréhensive."

"Tout le monde fait semblant et se voile la face", explique Marie-Célie Guillaume sur Canal+. "Ce sont des choses qui existent. Dans les milieux du pouvoir, certains hommes se permettent des choses. Toutes les femmes qui sont dans cet environnement sont exposées à des situations qui ne sont pas toujours très agréables et qu'elles doivent affronter."

Menacée de représailles

Sous des apparences de fable politique, le livre dresse un portrait au vitriol de Nicolas Sarkozy : un homme cynique, brutal, pervers doublé d'un obsédé sexuel. Il raconte les coulisses de la guerre à droite entre Patrick Devedjian - baptisé "l'Arménien" - et le locataire de l'Elysée, au cours du dernier quinquennat.

Pour expliquer sa démarche, Marie-Célie Guillaume parle "d'un travail de distanciation" par rapport à "des évènements vécus et subis douloureusement pendant quatre ans". "Ce livre a aussi pour but de dénoncer une certaine façon de faire de la politique", explique l'auteure, qui dit avoir été menacée de représailles à l'annonce de sa parution.