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Marine Le Pen sort sa calculette

Si elle est élue, la candidate du FN à la présidentielle augmentera le budget de la justice, de la sécurité et de la santé. Elle souhaite diviser le nombre d'immigrés légaux par vingt et sortir de l'euro.

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France Télévisions
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La candidate du Front national, Marine Le Pen, lors de la galette des rois organisée par son parti, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 8 janvier 2012. (CITIZENSIDE.COM)

Marine Le Pen compte se faire une crédibilité. La candidate du Front national a chiffré une par une, jeudi 12 janvier depuis le siège du parti à Nanterre (Hauts-de-Seine), les mesures de son projet présidentiel. Première des prétendants à l'Elysée à présenter un tel document, elle en a profité pour railler ses adversaires : "Ils sont les candidats du flou, je suis la candidate du projet."

La démonstration distingue les "bonnes dépenses", assumées, ciblées sur cinq priorités, des "mauvaises dépenses", appelées à être brutalement coupées. Le tout basé sur une hypothèse de croissance "tout à fait réaliste", dixit le FN, allant de 0 % en 2012 à 2,8 % en 2017. Et mené de front avec une sortie de l'euro présentée comme bénéfique pour les finances publiques.

• Les "bonnes dépenses"

Concernant "certains postes budgétaires", Marine Le Pen dit "assumer une augmentation raisonnable des dépenses sur le quinquennat", en donnant quelques exemples de ses dépenses sur cinq ans.

La justice : + 8,5 milliards de dépenses supplémentaires sur cinq ans. Recruter des milliers de magistrats, créer 40 000 places de prison, supprimer les remises de peine... Les solutions de Marine Le Pen coûtent cher. A elles seules, les nouvelles places de prison pourraient coûter davantage que le chiffre avancé par la candidate. Selon l'Institut de l'entreprise, un think tank qui chiffre les projets des différents prétendants, cette mesure coûterait 2 milliards d'euros par an, soit 10 milliards en cinq ans.

La sécurité : + 1,2 milliard d'euros. La présidente du Front national veut mettre fin aux suppressions de postes de policiers et gendarmes, et stopper la fermeture de commissariats. Selon elle, augmenter les crédits en faveur de la sécurité permettra de réduire drastiquement la délinquance et donc de faire des économies. Elle s'appuie sur un rapport commandé par l'Institut pour la justice, un organisme très critiqué, comme le rappelle Rue89. Et voilà comment une forte augmentation des crédits permettrait, à en croire les calculs du FN, d'économiser 6,4 milliards d'euros. L'effort ne serait donc que de 1,2 milliard d'euros sur cinq ans. 

La santé et le handicap : + 15,3 milliards d'euros. En revalorisant ce poste budgétaire, Marine Le Pen compte lutter contre les déserts médicaux, intensifier la lutte contre les maladies d'Alzheimer et de Parkinson, et revaloriser l'allocation aux adultes handicapés.

Le pouvoir d'achat : c'est sa TVA sociale. Le FN entend exonérer de 200 euros de cotisations sociales les salariés gagnant moins de 1,4 Smic. "Je veux que ce soit l'une des premières mesures du quinquennat", annonce Marine Le Pen. Extrêmement coûteuse (20 milliards d'euros selon l'Institut de l'entreprise), cette dépense serait financée par une taxe de 3 % sur les importations. Mais une telle taxe pourrait être difficile à mettre en œuvre, car contraire à la réglementation européenne

Soutenir les PME et les PMI : pour ce faire, la candidate du Front national propose que les 50 plus grandes entreprises françaises cotées en Bourse affectent 15 % de leurs bénéfices à des fonds d'investissement stratégique. Ces sommes leur seraient remboursées au bout de cinq ans.

• Les "mauvaises dépenses"

Au rayon des "mauvaises dépenses publiques", Marine Le Pen a sans surprise cité l'immigration, mais aussi l'euro, ainsi que les fraudes fiscales et sociales. Autant de postes sur lesquels le FN compte faire des économies.

Immigration : - 40,8 milliards d'euros. Marine Le Pen estime qu'elle pourra équilibrer son budget en limitant l'immigration : elle souhaite faire passer le nombre d'immigrés de 200 000 à 10 000 par an. Ce qui représenterait, selon elle, 40,8 milliards d'euros d'économies pour l'Etat sur cinq ans. Elle supprimera l'aide médicale d'Etat, qui permet aux étrangers en situation irrégulière d'être soignés gratuitement, faisant par ce biais, affirme-t-elle, plus de 500 millions d'euros d'économies par an.

Arrêt de la contribution financière à l'UE : - 11,7 milliards d'euros. "Progressivement, la France ramènera à zéro sa contribution nette au budget de l'Union européenne", assure Marine Le Pen.

La sortie de l'euro : - 87,6 milliards d'euros. Marine Le Pen table aussi sur un retour à une monnaie nationale, pour faire tourner la planche à billets et résorber les déficits, faisant fi des avis alarmistes de certains économistes si la France suivait une telle voie.

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